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Lucie Enel : UQAM - Université du Québec à Montréal
La « plateformisation » du travail, qui consiste à mettre en relation un travailleur dit indépendant et un client via une application, s’est fortement développée ces dix dernières années. Derrière les discours valorisant l’autonomie et l’empowerment (Peirot, 2020), ce modèle repose sur des formes de contrôle algorithmique qui façonnent profondément l’organisation du travail (Rosenblat, 2018). Parmi ces mécanismes, la gamification du travail joue un rôle central, en intégrant badges, niveaux, scores de performance et objectifs à atteindre pour inciter les chauffeurs et livreurs à adopter certains comportements.
Cette communication s’appuie sur une recherche doctorale menée auprès de 24 chauffeurs et livreurs Uber au Québec, à travers une ethnographie en ligne et des entretiens semi-dirigés. Elle analyse leurs pratiques de travail, leurs dynamiques de socialisation et leur pouvoir d’agir, tant individuel que collectif, en s’appuyant sur un cadre théorique multidisciplinaire combinant communication (Goffman, 1974 ; Morin, 2006), sociologie des usages (Certeau, 1990 ; Millerand, 1998) et ergonomie (Clot, 2017).
En 2022-2023, l’apparition de l’IA générative a bouleversé nos sociétés, et ce, particulièrement du point de vue informationnel, médiatique et culturel. Bien qu’associée à des promesses de démocratisation et de progrès, l’IA générative a rapidement été cooptée par les GAFAM (Google, Apple, Facebook [Meta], Amazon et Microsoft – à qui on ajoute parfois Tesla et Nvidia), qui s’en sont servis pour augmenter leur pouvoir épistémique et infrastructurel. Cette capture du pouvoir de l’IA par des géants de la technologie crée selon nous plusieurs défis qu’il est impératif d’analyser de manière critique et interdisciplinaire. Parmi ces défis, mentionnons :
Face à tous ces bouleversements, il nous semble indispensable de se regrouper pour penser ces enjeux de manière interdisciplinaire et critique. De plus en plus, les plateformes numériques sont des faits sociaux totaux qu’il est impossible d’appréhender de manière isolée. Plus précisément, le colloque s’oriente autour des quatre axes suivants : 1) la mutation des pratiques informationnelles à l’ère de l’IA générative; 2) l’économie politique de l’IA et la régulation des GAFAM; 3) l’économie de l’attention, la gouvernance algorithmique et les agents conversationnels; et 4) la dépendance aux plateformes, les problèmes des écrans, la désinformation en ligne et la polarisation politique.
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