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Annick Tanguay : Université d'Ottawa
Il est estimé qu’un anglophone pourrait se rappeler de jusqu’à 20% d’une conversation tenue dans sa langue privilégiée. Qu’en est-il d’une personne bilingue qui se rappelle une conversation tenue dans sa langue dominante, seconde ou dans les deux langues? Dans une première étude écologique sur le sujet, nous examinons l’influence du bilinguisme sur la mémoire des conversations en considérant la langue de la conversation, la langue du rappel et les caractéristiques du bilinguisme. Nous proposons qu’un haut niveau de bilinguisme avantage le rappel de l’information générale au coût du rappel mot-à-mot. On s’attend aussi à un meilleur rappel mot-à-mot dans sa langue dominante et lorsque le rappel se produit dans la même langue que la conversation. Nous recrutons 150 dyades de personnes bilingues (français, anglais), non familières, qui conversent librement pendant 15 minutes en français, en anglais ou dans les deux langues. Chaque dyade est ensuite assignée aléatoirement à effectuer un rappel individuel de la conversation en français ou en anglais, ou dans les deux pour la condition bilingue. Les participants complètent des questionnaires sur leur expérience linguistique, les relations sociales et des tâches verbales dans chacune des langues. Le recrutement est en cours et les résultats préliminaires seront présentés. Les répercussions du bilinguisme sur l’exactitude de la mémoire des conversations sont peu connues, bien que cette mémoire ait de multiples implications.
Depuis quelques années, le monde de la recherche sur l’apprentissage des langues secondes et le bilinguisme est en pleine ébullition. En plus de recourir de plus en plus fréquemment à des approches multidisciplinaires alliant linguistique, sciences cognitives et neurophysiologie, ce domaine a aussi vu l’apparition de nouveaux axes de recherche soulignant l’importance du contexte socioculturel ou socioécologique dans l’apprentissage des langues. Ainsi, des axes de recherche novateurs développés en collaboration avec des chercheurs en sociologie, en psychologie et en didactique ont permis de raffiner les questions de recherche afin d’obtenir une meilleure compréhension des phénomènes impliqués dans l’acquisition des langues secondes ou étrangères. Par exemple, on ne se demande plus simplement si le niveau d’exposition à une langue seconde peut influencer son apprentissage, mais plutôt quels impacts différents types d’exposition peuvent avoir sur l’apprentissage de celle-ci (interactions actives versus écoute passive, prévisibles ou imprévisibles…). De même, on ne s’intéresse pas seulement aux effets liés à l’âge d’acquisition (petite enfance, adolescence, âge adulte), mais aussi à ses interactions avec diverses variables telles que le type d’enseignement reçu ou l’attitude de l’apprenant. De tels travaux permettent d’isoler les facteurs neurodéveloppementaux des facteurs sociaux associés à l’acquisition linguistique, mais nécessitent la création d’équipes de recherche multidisciplinaires regroupant des chercheurs provenant de domaines parfois peu habitués à travailler ensemble. Il est donc crucial de créer des occasions de rencontre lors de colloques généraux tels que l’Acfas afin de favoriser les maillages interdisciplinaires entre chercheurs qui ne se croiseraient pas ailleurs. Ce colloque réunit des chercheurs de divers horizons afin de faire l’état de la recherche actuelle et de favoriser l’élaboration de projets collaboratifs innovateurs à l’échelle provinciale.
Titre du colloque :