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Stéphanie Genre : CY Cergy Paris Université
Articuler l’enseignement du vocabulaire et de la littérature suppose que le vocabulaire ne soit pas considéré et traité comme un simple accompagnement de la lecture littéraire, réduit à l’éclaircissement de la signification des mots du texte au fur et à mesure de l’avancée de la lecture collective, mais qu’il soit, au contraire, pensé en amont de la lecture littéraire et travaillé de façon à devenir un élément essentiel de l’activité d’interprétation (Genre, 2025) mettant en mouvement plusieurs manières d’entrer dans le sens (Rastier, 2000 pour la distinction sens/signification).
La communication proposera sur la base de l’ingénierie didactique professionnelle (Pastré, 2011) plusieurs pistes d’action pour l’école (élèves de 9-11 ans) qui s’ancrent dans une réflexion théorique empruntant à différents champs faisant se rejoindre les sciences du langage (Borillo, 1985 ; Rastier, 1987), les sciences de la littérature (Eco, 1992) et les sciences de l’éducation (Bucheton et Soulé, 2009), les principes de la didactique du lexique (Grossmann et Boch, 2003 ; Tremblay, 2021) et ceux de la didactique de la littérature (Tauveron, 2002). Pour mettre en synergie questionnements sur la langue et questionnements littéraires, nous proposons un répertoire de gammes d’action allant du montage didactique à la constitution d’un carnet spécifique situant l’échelle d’intervention didactique au-delà du mot simple en observant les agencements vocables interprétatifs des textes (Genre, 2025).
Bien que le vocabulaire s’inscrive comme une cible prioritaire d’enseignement du français dès le début du parcours scolaire (Biemiller, 2012), il demeure, dans les faits, peu enseigné du primaire au secondaire (Dreyfus, 2004; Anctil, 2011). Au Québec, les résultats de recherches portant respectivement sur les pratiques d’enseignement du vocabulaire au primaire (Anctil, 2018) et sur l’utilisation du dictionnaire par les enseignants du primaire et du secondaire (Tremblay, 2018) confirment d’ailleurs cette tendance. En réponse aux enjeux soulevés par cet écart entre les principes théoriques et la réalité pratique, les recherches en didactique du lexique se sont multipliées ces dernières années, visant à développer des dispositifs pédagogiques innovants (Anctil et coll., 2024; Roubaud et Sardier, 2020), à documenter les pratiques enseignantes (Boubdelli, 2022; Tremblay, 2021) et à fournir des outils (Proulx, 2023) et des recommandations didactiques (Dehaene-Lambertz, 2023) aux acteurs des milieux de pratique.
Afin de favoriser la mise en commun des plus récents travaux en didactique du lexique et de soutenir ainsi les avancées dans le domaine, il nous paraît essentiel de proposer une rencontre scientifique réunissant des chercheur·ses de la francophonie s’y intéressant, comme nous l’avons d’ailleurs fait à l’Acfas en 2015, 2017, 2019 et 2023.
Nous reprendrons la structuration en quatre axes des colloques précédents :
Comme pour les éditions précédentes, notre colloque s’étale sur deux journées complètes, dont l’horaire se structurera selon les quatre axes présentés plus haut, soit un par demi-journée. Trente minutes sont allouées à chaque présentateur·trice (20 minutes de présentation et 10 de questions); pour favoriser les échanges, chaque bloc de présentation est suivi d’une séance plénière de 30 minutes animée par l’une des personnes responsables. Afin de préserver la dimension conviviale de l’événement, un souper commun est aussi organisé. Un projet de publications dans la foulée du colloque est envisagé comme pour les éditions de 2019 (Sardier et Roubaud, 2020; Tremblay et Anctil, 2020) et 2023 (Ftita, Anctil et Cavalla, 2024).
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