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Shanna Kousaie : Université d'Ottawa
L’hypothèse de l’avantage bilingue stipule que les personnes bilingues ont de meilleures performances lors de tâches mesurant les fonctions exécutives que les personnes unilingues. Cependant, la plupart des études à ce jour ont comparé les gens bilingues aux gens unilingues en ignorant les expériences linguistiques individuelles. De plus, il n'y a pas de recherches qui comparent directement les tâches verbales et non verbales. Dans la présente étude, nous utilisons l’électroencéphalographie (EEG) et l’imagerie par résonance magnétique fonctionnelle (IRMf) pour examiner l’influence de l’expérience linguistique sur la mémoire de travail verbale et non verbale. Des participants bilingues français-anglais ont effectué deux versions d’une même tâche, la tâche « n-back », qui ne différaient qu’en termes de stimuli (c’est-à-dire verbaux ou visuospatiaux) durant l’acquisition d’EEG et d’IRMf. De plus, des mesures détaillées de l’expérience linguistique des participants ont été collectées. Les analyses préliminaires des résultats électrophysiologiques démontrent que la mémoire de travail verbale et non verbale est influencée par des facteurs linguistiques spécifiques. De surcroît, les résultats d’IRMf suggèrent que différentes régions cérébrales sont recrutées par la mémoire de travail verbale et non verbale. La collecte de données est toujours en cours et les données multimodales seront mises en relation avec les différences individuelles en termes d’expérience linguistique.
Depuis quelques années, le monde de la recherche sur l’apprentissage des langues secondes et le bilinguisme est en pleine ébullition. En plus de recourir de plus en plus fréquemment à des approches multidisciplinaires alliant linguistique, sciences cognitives et neurophysiologie, ce domaine a aussi vu l’apparition de nouveaux axes de recherche soulignant l’importance du contexte socioculturel ou socioécologique dans l’apprentissage des langues. Ainsi, des axes de recherche novateurs développés en collaboration avec des chercheurs en sociologie, en psychologie et en didactique ont permis de raffiner les questions de recherche afin d’obtenir une meilleure compréhension des phénomènes impliqués dans l’acquisition des langues secondes ou étrangères. Par exemple, on ne se demande plus simplement si le niveau d’exposition à une langue seconde peut influencer son apprentissage, mais plutôt quels impacts différents types d’exposition peuvent avoir sur l’apprentissage de celle-ci (interactions actives versus écoute passive, prévisibles ou imprévisibles…). De même, on ne s’intéresse pas seulement aux effets liés à l’âge d’acquisition (petite enfance, adolescence, âge adulte), mais aussi à ses interactions avec diverses variables telles que le type d’enseignement reçu ou l’attitude de l’apprenant. De tels travaux permettent d’isoler les facteurs neurodéveloppementaux des facteurs sociaux associés à l’acquisition linguistique, mais nécessitent la création d’équipes de recherche multidisciplinaires regroupant des chercheurs provenant de domaines parfois peu habitués à travailler ensemble. Il est donc crucial de créer des occasions de rencontre lors de colloques généraux tels que l’Acfas afin de favoriser les maillages interdisciplinaires entre chercheurs qui ne se croiseraient pas ailleurs. Ce colloque réunit des chercheurs de divers horizons afin de faire l’état de la recherche actuelle et de favoriser l’élaboration de projets collaboratifs innovateurs à l’échelle provinciale.
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