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Gabriel Saso-Baudaux : Université de Sherbrooke
Le transfert des connaissances implique une multitude de choix quant au contenu des connaissances transférés : un contenu simplifié sera généralement plus facile à transmettre et plus susceptible d’être compris, alors qu’un contenu complexe reflétera plus fidèlement les connaissances ; des connaissances sur un phénomène qui sont vraies de façon générale, par ex. que les changements climatiques créent des ouragans plus dévastateurs, pourraient ne pas s’appliquer à certains cas spécifiques de ce même phénomène, par ex. lorsqu’on impute les dommages causés par un ouragan x aux changements climatiques (alors que d’autres facteurs seraient en cause). On pourrait croire que ces choix sont purement épistémiques : ils sont motivés par la nature, le type ou le contenu des connaissances qu’on veut transmettre. Or, plusieurs chercheurs ont argumenté que ces choix sont souvent, si ce n’est toujours, aussi influencés par les valeurs et facteurs sociopolitiques propres aux personnes qui les effectuent et au contexte les surplombant. J’explique d’abord comment, au niveau conceptuel, ces valeurs peuvent influencer les choix épistémiques du transfert de connaissances. Puis, je présente diverses façons dont cette influence peut s’exercer en exposant les tensions qui peuvent émerger entre une série de valeurs sociopolitiques et de potentiels choix épistémiques. Enfin, j’illustre ces tensions et leurs implications à travers des exemples concrets tirés de la pratique du conseil scientifique.
Alors que l’écart entre la recherche et la pratique persiste, le transfert et la mobilisation des connaissances (TMC), un domaine en pleine expansion, font face à de nombreux défis. Pour combler ce fossé, il est essentiel d’adapter et de vulgariser les connaissances scientifiques pour les milieux de pratique et de prise de décision, ainsi que de communiquer les connaissances scientifiques dans un format approprié pour le public cible et au bon moment.
L’essor des travaux de recherche en TMC contribue à relever ces défis. Les personnes étudiantes aux cycles supérieurs et chercheuses postdoctorales jouent un rôle clé dans ce processus, en produisant des données empiriques utiles à mettre en application. En s’attaquant à des problématiques contemporaines et diverses, leurs travaux participent à réduire le fossé entre le milieu universitaire et le monde professionnel tout en explorant des moyens pour utiliser la recherche en pratique. Cela permet de traduire les connaissances universitaires et de développer des solutions concrètes et applicables, renforçant ainsi l’efficacité des interventions dans divers contextes professionnels.
Dans ce contexte, notre colloque cherche à explorer deux thématiques essentielles :
Se pencher sur ces enjeux permet de mettre en lumière les contributions des personnes étudiantes et chercheuses postdoctorales à ce domaine en pleine expansion, ainsi que les stratégies adoptées pour faciliter l’utilisation des connaissances dans les milieux de pratique. Enfin, c’est l’occasion d’aborder certains facteurs qui favorisent ces contributions, comme le soutien des directions de recherche et leur rôle dans la socialisation des personnes étudiantes à la recherche en TMC.
Ce colloque est une initiative de l’Équipe RENARD de recherche sur le transfert de connaissances en collaboration avec l’Observatoire sur la santé mentale étudiante en enseignement supérieur (OSMÉES). Toutes les personnes étudiantes, chercheuses et représentantes des milieux de pratique qui s’intéressent aux stratégies pour favoriser l’utilisation des connaissances dans les milieux de pratique sont invitées à y participer.
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