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Les discussions lexicales en contexte d’oral réflexif : un moyen de réduire les disparités entre les élèves à risque et leurs pairs ?

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Claudine Sauvageau : Université de Montréal

Résumé de la communication

Le bagage lexical, qui varie considérablement entre les apprenants issus de différents groupes linguistiques et socioéconomiques (Hart et Risley, 1995), joue un rôle clé dans la réussite scolaire et sociale. Afin de contrer les vulnérabilités inhérentes et favoriser l’inclusion (Plaisance, 2010), les pratiques préventives ciblant les apprentissages en littératie, en particulier lexicaux, sont à privilégier (Hébert et Lafontaine, 2010; Sauvageau, 2023). Comme les interactions renforceraient les habiletés de compréhension et de production lexicales (Sardier, 2023), une approche basée sur l’oral parait prometteuse.

Dans cette optique, nous avons conçu un dispositif fondé sur un enseignement direct de vocabulaire, où l’enseignant explique des mots rencontrés en lecture, puis propose des activités de consolidation sous forme de discussions lexicales réflexives (oral réflexif [OR]), afin d’en évaluer le potentiel inclusif. Notre méthodologie compare les apprentissages lexicaux des élèves selon l’approche de consolidation des mots, le profil des élèves et le type d’étayage.

Dans cette communication, nous présenterons les résultats issus de données mixtes (pré/posttests, journaux, entretiens, vidéos). Ils renseignent sur l’effet d’une approche en OR sur la capacité des élèves, selon leur profil, à rappeler le sens des mots ciblés ainsi que leur forme orale. Ils éclairent aussi sur le potentiel de l’étayage soutenu pour réduire l’écart lexical entre élèves à risque et non à risque.

Résumé du colloque

Bien que le vocabulaire s’inscrive comme une cible prioritaire d’enseignement du français dès le début du parcours scolaire (Biemiller, 2012), il demeure, dans les faits, peu enseigné du primaire au secondaire (Dreyfus, 2004; Anctil, 2011). Au Québec, les résultats de recherches portant respectivement sur les pratiques d’enseignement du vocabulaire au primaire (Anctil, 2018) et sur l’utilisation du dictionnaire par les enseignants du primaire et du secondaire (Tremblay, 2018) confirment d’ailleurs cette tendance. En réponse aux enjeux soulevés par cet écart entre les principes théoriques et la réalité pratique, les recherches en didactique du lexique se sont multipliées ces dernières années, visant à développer des dispositifs pédagogiques innovants (Anctil et coll., 2024; Roubaud et Sardier, 2020), à documenter les pratiques enseignantes (Boubdelli, 2022; Tremblay, 2021) et à fournir des outils (Proulx, 2023) et des recommandations didactiques (Dehaene-Lambertz, 2023) aux acteurs des milieux de pratique.

Afin de favoriser la mise en commun des plus récents travaux en didactique du lexique et de soutenir ainsi les avancées dans le domaine, il nous paraît essentiel de proposer une rencontre scientifique réunissant des chercheur·ses de la francophonie s’y intéressant, comme nous l’avons d’ailleurs fait à l’Acfas en 2015, 2017, 2019 et 2023.

Nous reprendrons la structuration en quatre axes des colloques précédents :

  1. lexique et contenus d’enseignement (choix des mots et des notions lexicales à enseigner, pertinence didactique des contenus, prescriptions ministérielles, etc.);
  2. enseignant·es et enseignement du lexique (pratiques actuelles et innovantes, formation initiale et continue, etc.);
  3. élèves et apprentissage du vocabulaire (disparités lexicales entre les élèves, évaluation de la compétence lexicale, besoins des élèves allophones ou des élèves ayant des troubles du langage, etc.);
  4. ressources pour l’enseignement du lexique (manuels, listes de mots, dictionnaire, littérature, propositions d’activités, etc.).

Comme pour les éditions précédentes, notre colloque s’étale sur deux journées complètes, dont l’horaire se structurera selon les quatre axes présentés plus haut, soit un par demi-journée. Trente minutes sont allouées à chaque présentateur·trice (20 minutes de présentation et 10 de questions); pour favoriser les échanges, chaque bloc de présentation est suivi d’une séance plénière de 30 minutes animée par l’une des personnes responsables. Afin de préserver la dimension conviviale de l’événement, un souper commun est aussi organisé. Un projet de publications dans la foulée du colloque est envisagé comme pour les éditions de 2019 (Sardier et Roubaud, 2020; Tremblay et Anctil, 2020) et 2023 (Ftita, Anctil et Cavalla, 2024).

Contexte

section icon Date : 9 mai 2025

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