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Nathalie Germain : Université Laval
Le symposium de l’Association Canadienne des Médecins d'Urgence en 2024 avait pour mission d’examiner la faisabilité des essais sur plateforme adaptative aux départements d’urgence. Ces méthodologies permettent d’analyser de multiples interventions pour une maladie de manière continue et ces essais peuvent se déployer rapidement pour répondre aux crises sanitaires émergentes. De novembre 2023 à mai 2024, une revue rapide a été mené sur les obstacles, les facilitateurs logistiques et éthiques existants pour structurer des essais de plateforme adaptative en médecine d’urgence. Les résultats de cette revue rapide ont été utilisés pour développer un guide d’entrevue. Des entrevues individuelles semi-structurées ont ensuite été effectués avec des experts participant à des essais de plateforme au Canada et à l’étranger. À partir de 23 articles et 17 entrevues d’experts, les facilitateurs et les obstacles ont émergé dans cinq domaines : la force et la qualité des preuves, l’avantage relatif, l’adaptabilité, la complexité, ainsi que le climat actuel aux urgences. Les besoins les plus importants étaient la pertinence clinique, l’expertise méthodologique et la collaboration harmonieuse avec les autorités approbatrices. Nous avons colligé 14 recommandations. Pour chaque recommandation, nous avons fourni des stratégies d’exécution. Les modèles d’essais sur plateforme adaptative sont bien adaptés aux situations d’urgence, à condition que les interventions soient faciles à appliquer pour les cliniciens et suffisamment pertinentes pour améliorer la pratique. Ces modèles sont particulièrement adaptés pour traiter les maladies émergentes, mais il reste des importantes exigences méthodologiques et éthiques à combler.
Parmi les grands apprentissages de l’expérience de la pandémie de covid-19, le manque de préparation en amont de la crise est fréquemment cité dans les rapports de leçons apprises et recommandations produits sur la crise. En cette ère de polycrises où celles affectant la santé sont appelées à augmenter en nombre, en intensité, en complexité et en simultanéité, à un moment où les ressources sont de plus en plus limitées, nous sommes confrontés collectivement à un enjeu d’efficacité face aux défis actuels et des prochaines années, qui risquent de dépasser nos capacités à y répondre.
Le milieu de la recherche réfléchit aux moyens d’être plus efficaces pour contribuer à la prévention et à la réponse aux crises. S’il veut produire de nouvelles connaissances pertinentes, le secteur de la recherche doit mieux s’organiser, se doter de processus et de structures accélérant sa mise en place et améliorer le transfert des connaissances auprès des décideurs, du réseau de la santé et des services sociaux et ses partenaires de la communauté et de la société civile. Plusieurs questions se posent. Comment attribuer rationnellement les ressources financières pour soutenir des projets prioritaires? Comment éviter les coûteuses duplications de projets ou, au contraire, les angles morts dans le développement des connaissances? Comment la recherche peut-elle optimiser, mobiliser les différentes expertises, savoirs et connaissances existants qui sont nécessaires pour anticiper les menaces? Comment peut-elle répondre aux besoins des gestionnaires des crises et de la population dans des visées systémiques, systématiques et intersectorielles? Ce colloque propose d’explorer les modalités, expériences et connaissances développées sur la mobilisation des savoirs intersectoriels (santé, société et culture, nature et technologies) ainsi que les savoirs patients, citoyens, communautaires en préparation de crise pour mieux comprendre comment la recherche peut mieux participer au « se préparer ensemble ».
Titre du colloque :