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Christophe Magis : Université Paris 8 Vincennes-Saint-Denis
L'expression “capitalisme de plateforme” s'est largement imposée depuis une dizaine d'années pour décrire les transformations de l'économie impulsées par l'avènement des plateformes numériques. Mais, appliquée indistinctement à des secteurs aussi divers que le transport de personnes, la livraison de repas ou les médias pour y pointer la percée de la gouvernance algorithmique et de la collecte des données dans une économie qui s'organise en réseau, cette expression globalisante ne permet guère de saisir l'émergence des plateformes en regard de l'histoire plus générale du déploiement du capitalisme. Pourtant, dans les médias et les industries culturelles, l'apparition des plateformes s'insère dans une histoire de la marchandisation de la culture que cette communication se propose de retracer. Dans le cadre d'une approche critique s'appuyant sur la périodisation du capitalisme proposée par Marx, il s'agira de montrer que la “plateformisation” des médias, que l'on peut considérer comme un “troisième” stade de la marchandisation dans le secteur, se caractérise par une accélération du mouvement vers la “subsomption réelle” dont l'audiovisuel de masse a présenté un premier développement.
En 2022-2023, l’apparition de l’IA générative a bouleversé nos sociétés, et ce, particulièrement du point de vue informationnel, médiatique et culturel. Bien qu’associée à des promesses de démocratisation et de progrès, l’IA générative a rapidement été cooptée par les GAFAM (Google, Apple, Facebook [Meta], Amazon et Microsoft – à qui on ajoute parfois Tesla et Nvidia), qui s’en sont servis pour augmenter leur pouvoir épistémique et infrastructurel. Cette capture du pouvoir de l’IA par des géants de la technologie crée selon nous plusieurs défis qu’il est impératif d’analyser de manière critique et interdisciplinaire. Parmi ces défis, mentionnons :
Face à tous ces bouleversements, il nous semble indispensable de se regrouper pour penser ces enjeux de manière interdisciplinaire et critique. De plus en plus, les plateformes numériques sont des faits sociaux totaux qu’il est impossible d’appréhender de manière isolée. Plus précisément, le colloque s’oriente autour des quatre axes suivants : 1) la mutation des pratiques informationnelles à l’ère de l’IA générative; 2) l’économie politique de l’IA et la régulation des GAFAM; 3) l’économie de l’attention, la gouvernance algorithmique et les agents conversationnels; et 4) la dépendance aux plateformes, les problèmes des écrans, la désinformation en ligne et la polarisation politique.
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