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Lauren Schellenberg : Université McGill
En immersion française (IF), le langage de l’enseignant est une source importante d’input pour les élèves. Cependant, des études sur le langage des enseignants en IF montrent peu de variété dans l'utilisation du temps, du mode, et de l'aspect.
Pour concevoir une intervention de développement professionnel ciblant la complexité du langage des enseignants en IF, des échantillons de langage de 12 enseignants en IF non-francophones ont été analysés concernant l'utilisation du temps, du mode, et de l'aspect et ce à l'aide de codes personnalisés du logiciel d’analyse systémique de transcriptions de langage. Des codes SALT standard mesurant la diversité lexicale, la complexité morphosyntaxique et la complexité des phrases ont également été utilisés. Ensuite, des entretiens semi-directifs ciblant les connaissances déclaratives des participants sur les notions grammaticales cibles ont été menés. Enfin, les participants ont répondu à l'échelle d'anxiété de l'enseignement des langues étrangères, ainsi qu’à un questionnaire portant sur leur acquisition du français et leurs expériences de l'enseignement.
Les résultats de cette analyse seront utilisés pour concevoir la structure préliminaire d'une intervention de recherche orientée par la conception pour les enseignants en IF. La nature multimodale des données exploratoires contribuera à soutenir une approche holistique du développement professionnel qui respecte la charge cognitive et émotionnelle d’enseigner dans sa deuxième langue.
Depuis quelques années, le monde de la recherche sur l’apprentissage des langues secondes et le bilinguisme est en pleine ébullition. En plus de recourir de plus en plus fréquemment à des approches multidisciplinaires alliant linguistique, sciences cognitives et neurophysiologie, ce domaine a aussi vu l’apparition de nouveaux axes de recherche soulignant l’importance du contexte socioculturel ou socioécologique dans l’apprentissage des langues. Ainsi, des axes de recherche novateurs développés en collaboration avec des chercheurs en sociologie, en psychologie et en didactique ont permis de raffiner les questions de recherche afin d’obtenir une meilleure compréhension des phénomènes impliqués dans l’acquisition des langues secondes ou étrangères. Par exemple, on ne se demande plus simplement si le niveau d’exposition à une langue seconde peut influencer son apprentissage, mais plutôt quels impacts différents types d’exposition peuvent avoir sur l’apprentissage de celle-ci (interactions actives versus écoute passive, prévisibles ou imprévisibles…). De même, on ne s’intéresse pas seulement aux effets liés à l’âge d’acquisition (petite enfance, adolescence, âge adulte), mais aussi à ses interactions avec diverses variables telles que le type d’enseignement reçu ou l’attitude de l’apprenant. De tels travaux permettent d’isoler les facteurs neurodéveloppementaux des facteurs sociaux associés à l’acquisition linguistique, mais nécessitent la création d’équipes de recherche multidisciplinaires regroupant des chercheurs provenant de domaines parfois peu habitués à travailler ensemble. Il est donc crucial de créer des occasions de rencontre lors de colloques généraux tels que l’Acfas afin de favoriser les maillages interdisciplinaires entre chercheurs qui ne se croiseraient pas ailleurs. Ce colloque réunit des chercheurs de divers horizons afin de faire l’état de la recherche actuelle et de favoriser l’élaboration de projets collaboratifs innovateurs à l’échelle provinciale.
Titre du colloque :