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Mesure de l'efficacité du tutorat en français

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Marie-Eve Roussel : Cégep Limoilou

Résumé de la communication

La réussite en enseignement supérieur constitue un enjeu central pour le ministère de l’Enseignement supérieur (MES), la Fédération des cégeps et l’ensemble du réseau collégial. Pourtant, l’efficacité formelle des services de soutien aux étudiant.es est sous-documentée.

Cette recherche mesure l’impact du service de tutorat en français du Cégep Limoilou durant l’année 23-24, en comparant le ratio de fautes à l’entrée et à la sortie du service. Au début du parcours collégial, la réussite du 1er cours de littérature exige un ratio maximal de 1 faute pour 22 mots (1:22), tandis qu’à la fin des études, l’exigence passe à 1 faute pour 30 mots (1:30).

De manière générale, les personnes tutorées débutent le service avec un ratio de 1:12 et atteignent 1:28 à l’issue du service, indiquant une efficacité notable du tutorat. L’effet est encore plus marqué lorsqu’il est combiné aux services adaptés, avec une progression de 1:10 à 1:33. Par ailleurs, les étudiant.es issu.es de milieux défavorisés présentent une fragilité plus prononcée (1:10) que ceux de milieux plus favorisés (1:15), mais tous progressent vers un ratio similaire (1:28). Enfin, l’expérience des tuteur.ices joue un rôle déterminant : les tutoré.es encadré.es par des tuteur.ices expérimenté.es atteignent un ratio de 1:32, contre 1:21 pour ceux encadrés par des tuteur.ices étudiant.es.

Ces résultats permettent d’identifier certains leviers pour maintenir et améliorer l’efficacité du service de tutorat en français.

Résumé du colloque

Depuis le début des années 2000, le taux d’obtention d’une sanction des études collégiales stagne et la durée des études tend à s’allonger.

De plus, on observe une diversité croissante au sein de la population collégiale. L’évolution des caractéristiques, des défis et des besoins étudiants au collégial est documentée de façon systématique et continue. Cette documentation permet non seulement de générer des données probantes quant aux profils à risque d’échec et d’abandon, mais aussi de mettre en lumière l’éventail des enjeux de réussite.

Pour répondre à ces enjeux ainsi qu’aux spécificités de leurs étudiant·es, les établissements déploient de nombreuses interventions visant à améliorer la rétention et la diplomation. En 2023, la prestation de services de soutien à la réussite touche 30 % de la population collégiale, engageant des ressources humaines et financières conséquentes.

Or, dans quelle mesure ces services sont-ils efficaces pour soutenir la réussite? Peu d’études mesurent de manière systématique leur incidence réelle sur la réussite. Cette absence de données probantes soulève des questions essentielles : quels types de soutien sont réellement efficaces et pour quels profils étudiants? comment ajuster les services pour maximiser leurs retombées sur des populations vulnérables?

Dans un contexte où les ressources sont limitées et où les besoins étudiants sont complexes et diversifiés, mesurer l’efficacité de ces services devient un enjeu central. Le plan d’action 2021-2016 du MES pour la réussite en enseignement supérieur prévoit d’une part l’obtention et la mise à jour des données probantes relatives à la persévérance et à la réussite des étudiant·es; d’autre part, il vise à soutenir l’évaluation de l’effet des services visant à favoriser la réussite.

L’objectif du présent colloque est de fédérer les différentes initiatives du réseau collégial en matière de mesure d’efficacité des services de soutien.

Contexte

section icon Date : 9 mai 2025

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