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Marie-Eve Skelling Desmeules : Université d'Ottawa
Cette communication résulte du croisement de deux recherches qualitatives interprétatives visant à approfondir les expériences de professionnalisation dans le contexte des arts du cirque. La première (Skelling Desmeules, 2022), basée sur la théorie de l’activité, s’appuie sur les perspectives de 85 étudiants et enseignants de deux institutions situées sur différents continents. La seconde(Poole, 2022-2024), appuyée sur la théorie d’auto-determination de Deci et Ryan (2000), met en lumière les perspectives de 13 diplômés d’une formation en relation avec celle de l’artiste-pédagogue-chercheuse. Abordés conjointement, ces travaux de recherche traitent de la diversité des formes que peuvent prendre les expériences de professionnalisation pour ensuite approfondir des compétences et des habiletés essentielles à développer pour soutenir une longévité de pratique. Alors que ce type de formation peut souvent être orienté vers le résultat (performance scénique favorisant l’employabilité d’un finissant), nos travaux permettent de mieux comprendre les enjeux qui s’y rapportent à même le contexte de formation supérieure ainsi que l’insoutenabilité à long terme d’une telle culture de performance où les limites sont difficiles à définir et à respecter. Seront ainsi questionnées les approches pédagogiques et les manières de soutenir le développement de l’autonomie professionnelle et de favoriser la durabilité de carrière des artistes scéniques à la fois interprètes, créateurs et athlètes.
En 2013, l’Équipe FUTUR amorçait ses travaux sur l’approche par compétences, visant des apprentissages durables pour préparer les futures personnes professionnelles à répondre efficacement aux besoins de la population. En 2021, nous avons recentré notre thématique de recherche autour de la professionnalisation des individus, adoptant une vision plus située et contextualisée des dimensions qui définissent ce phénomène : développement de compétences, construction de l’identité et appropriation d’une culture professionnelle, que ce soit avant, pendant ou après la formation, et tout au long de la carrière. Nos travaux visaient à comprendre comment diverses expériences éducatives contribuent à la professionnalisation, en fonction des enjeux contemporains de la formation.
En 2025, cette thématique est plus pertinente que jamais, alors que les systèmes professionnels font face à des défis sans précédents : pénurie de main-d’œuvre, épuisement professionnel, difficultés de recrutement et de rétention. Depuis la pandémie, l’accès aux occasions d’apprentissages expérientiels a diminué, mais l’interprofessionnalité et l’implication de la population dans la formation ont gagné en importance. Les technologies émergentes modifient les perspectives d’apprentissage et l’offre de services, obligeant les professionnel·les à s’adapter à la transformation numérique, à l’intelligence artificielle et à l’augmentation exponentielle des connaissances, tout en luttant contre la prolifération de fausses informations. Des enjeux persistants tels que le racisme, les iniquités et le manque de diversité nuisent aux services à la population tout en contribuant à l’attrition et à la pénurie de main-d’œuvre.
Il est crucial de comprendre comment ces nouvelles réalités influent sur la professionnalisation et de développer des solutions innovantes en partenariat avec les milieux éducatifs et professionnels. Il devient essentiel de : 1) approfondir notre compréhension de la professionnalisation dans le contexte des nouvelles réalités professionnelles; et 2) concevoir des expériences éducatives pour former des apprenants à vie capables de transformer les systèmes.
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