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Chaimaa El Mouslih : Université McGill
La schizophrénie a un impact sur plusieurs systèmes cognitifs, dont le langage. Vu l’importance du langage dans le processus de diagnostic et de traitement de cette condition, il est crucial de comprendre les symptômes linguistiques associés à la schizophrénie. Cependant, à ce jour, la littérature sur le sujet est largement basée sur des recherches auprès de participants monolingues. Considérant que la cognition linguistique peut être affectée par le multilingue, on peut se demander quel impact le multilinguisme pourrait avoir sur les symptômes linguistiques de la schizophrénie. Pour répondre à cette question, nous avons procédé à une recension de la littérature afin de déterminer les thèmes les plus étudiés et identifier les besoins de recherche future. Cette recension nous a permis d’identifier trois thèmes principaux, soit : (1) le besoin d'options de traitement multilingues (2) les différences de symptomatologie entre la langue maternelle et la langue seconde, et (3) l'impact des facteurs culturels sur le fonctionnement linguistique. Ainsi, plusieurs pistes de recherche en lien avec le multilinguisme pourraient permettre d'améliorer les résultats linguistiques et sociaux dans la schizophrénie.
Depuis quelques années, le monde de la recherche sur l’apprentissage des langues secondes et le bilinguisme est en pleine ébullition. En plus de recourir de plus en plus fréquemment à des approches multidisciplinaires alliant linguistique, sciences cognitives et neurophysiologie, ce domaine a aussi vu l’apparition de nouveaux axes de recherche soulignant l’importance du contexte socioculturel ou socioécologique dans l’apprentissage des langues. Ainsi, des axes de recherche novateurs développés en collaboration avec des chercheurs en sociologie, en psychologie et en didactique ont permis de raffiner les questions de recherche afin d’obtenir une meilleure compréhension des phénomènes impliqués dans l’acquisition des langues secondes ou étrangères. Par exemple, on ne se demande plus simplement si le niveau d’exposition à une langue seconde peut influencer son apprentissage, mais plutôt quels impacts différents types d’exposition peuvent avoir sur l’apprentissage de celle-ci (interactions actives versus écoute passive, prévisibles ou imprévisibles…). De même, on ne s’intéresse pas seulement aux effets liés à l’âge d’acquisition (petite enfance, adolescence, âge adulte), mais aussi à ses interactions avec diverses variables telles que le type d’enseignement reçu ou l’attitude de l’apprenant. De tels travaux permettent d’isoler les facteurs neurodéveloppementaux des facteurs sociaux associés à l’acquisition linguistique, mais nécessitent la création d’équipes de recherche multidisciplinaires regroupant des chercheurs provenant de domaines parfois peu habitués à travailler ensemble. Il est donc crucial de créer des occasions de rencontre lors de colloques généraux tels que l’Acfas afin de favoriser les maillages interdisciplinaires entre chercheurs qui ne se croiseraient pas ailleurs. Ce colloque réunit des chercheurs de divers horizons afin de faire l’état de la recherche actuelle et de favoriser l’élaboration de projets collaboratifs innovateurs à l’échelle provinciale.
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