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Perception du /h/ anglais par des locuteurs natifs et de langue seconde : une étude électroencéphalographique.

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Louis Friedland-Yust : Université McGill

Résumé de la communication

L’acquisition des sons d’une langue seconde peut s’avérer ardue. Par exemple, les locuteurs francophones ont généralement beaucoup de difficulté à percevoir le son [h] utilisé en anglais (fricative glottale sourde). De précédents travaux ont même démontré que ces derniers semblaient être en mesure de percevoir la présence du [h] dans le signal acoustique, mais que seuls les locuteurs ayant un très haut niveau de compétence en anglais langue seconde semblaient en mesure d’utiliser le son perçu pour identifier les mots entendus (différencier « hand » de « and » par exemple).

La présente étude vise donc à étudier le traitement du [h] par les locuteurs bilingues français-anglais ayant différents profils d’expérience linguistique (langue maternelle, milieu linguistique…). Pour ce faire, nous avons développé un paradigme électroencéphalographique où une syllabe contenant un [h] initial (« heem »; stimulus discordant, angl. oddball) est présentée de façon aléatoire parmi une suite de syllabe sans [h] (« eem »).À ce jour, 50 locuteurs ont complété la tâche. Des analyses préliminaires suggèrent que les stimuli discordants ont suscité une composante P3a traditionnellement associée à la détection de stimuli nouveau ou inattendu chez l’ensemble des locuteurs. Les analyses finales tiendront compte de l’expérience linguistique des participants afin de déterminer quelles variables permettent de prédire l’habilité à percevoir et traiter le son [h] chez les locuteurs français-anglais.

Résumé du colloque

Depuis quelques années, le monde de la recherche sur l’apprentissage des langues secondes et le bilinguisme est en pleine ébullition. En plus de recourir de plus en plus fréquemment à des approches multidisciplinaires alliant linguistique, sciences cognitives et neurophysiologie, ce domaine a aussi vu l’apparition de nouveaux axes de recherche soulignant l’importance du contexte socioculturel ou socioécologique dans l’apprentissage des langues. Ainsi, des axes de recherche novateurs développés en collaboration avec des chercheurs en sociologie, en psychologie et en didactique ont permis de raffiner les questions de recherche afin d’obtenir une meilleure compréhension des phénomènes impliqués dans l’acquisition des langues secondes ou étrangères. Par exemple, on ne se demande plus simplement si le niveau d’exposition à une langue seconde peut influencer son apprentissage, mais plutôt quels impacts différents types d’exposition peuvent avoir sur l’apprentissage de celle-ci (interactions actives versus écoute passive, prévisibles ou imprévisibles…). De même, on ne s’intéresse pas seulement aux effets liés à l’âge d’acquisition (petite enfance, adolescence, âge adulte), mais aussi à ses interactions avec diverses variables telles que le type d’enseignement reçu ou l’attitude de l’apprenant. De tels travaux permettent d’isoler les facteurs neurodéveloppementaux des facteurs sociaux associés à l’acquisition linguistique, mais nécessitent la création d’équipes de recherche multidisciplinaires regroupant des chercheurs provenant de domaines parfois peu habitués à travailler ensemble. Il est donc crucial de créer des occasions de rencontre lors de colloques généraux tels que l’Acfas afin de favoriser les maillages interdisciplinaires entre chercheurs qui ne se croiseraient pas ailleurs. Ce colloque réunit des chercheurs de divers horizons afin de faire l’état de la recherche actuelle et de favoriser l’élaboration de projets collaboratifs innovateurs à l’échelle provinciale.

Contexte

section icon Date : 9 mai 2025

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