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Alberto Osa García : Université de Montréal
On estime qu’à notre époque, la proportion de personnes multilingues surpassera celle des personnes monolingues à l’échelle mondiale. Parallèlement, de nouveaux défis émergent face à l’augmentation de la population touchée ou à risque de maladies neurocognitives (telles que les séquelles d’accidents vasculaires cérébraux ou les maladies neurodégénératives). Par exemple, la répartition des ressources pour l’évaluation et l’intervention, ainsi que la diversité des profils linguistiques et culturels, constituent des enjeux majeurs qui obligent souvent à s’occuper d’une seule des langues parlées par la personne.
Dans cette présentation, nous parlerons des approches utilisées en recherche clinique pour faire face aux difficultés liées à l’évaluation des individus multilingues au cours des dernières années. Nous discuterons aussi des caractéristiques neurocognitives et sociolinguistiques essentielles à la prise en charge des personnes multilingues.
Depuis quelques années, le monde de la recherche sur l’apprentissage des langues secondes et le bilinguisme est en pleine ébullition. En plus de recourir de plus en plus fréquemment à des approches multidisciplinaires alliant linguistique, sciences cognitives et neurophysiologie, ce domaine a aussi vu l’apparition de nouveaux axes de recherche soulignant l’importance du contexte socioculturel ou socioécologique dans l’apprentissage des langues. Ainsi, des axes de recherche novateurs développés en collaboration avec des chercheurs en sociologie, en psychologie et en didactique ont permis de raffiner les questions de recherche afin d’obtenir une meilleure compréhension des phénomènes impliqués dans l’acquisition des langues secondes ou étrangères. Par exemple, on ne se demande plus simplement si le niveau d’exposition à une langue seconde peut influencer son apprentissage, mais plutôt quels impacts différents types d’exposition peuvent avoir sur l’apprentissage de celle-ci (interactions actives versus écoute passive, prévisibles ou imprévisibles…). De même, on ne s’intéresse pas seulement aux effets liés à l’âge d’acquisition (petite enfance, adolescence, âge adulte), mais aussi à ses interactions avec diverses variables telles que le type d’enseignement reçu ou l’attitude de l’apprenant. De tels travaux permettent d’isoler les facteurs neurodéveloppementaux des facteurs sociaux associés à l’acquisition linguistique, mais nécessitent la création d’équipes de recherche multidisciplinaires regroupant des chercheurs provenant de domaines parfois peu habitués à travailler ensemble. Il est donc crucial de créer des occasions de rencontre lors de colloques généraux tels que l’Acfas afin de favoriser les maillages interdisciplinaires entre chercheurs qui ne se croiseraient pas ailleurs. Ce colloque réunit des chercheurs de divers horizons afin de faire l’état de la recherche actuelle et de favoriser l’élaboration de projets collaboratifs innovateurs à l’échelle provinciale.
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