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Une nouvelle mesure du contrôle inhibiteur sur écran tactile pour mesurer l’avantage cognitif du bilinguisme chez le très jeune enfant

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Alexandra Piuze : Université Concordia

Résumé de la communication

L'hypothèse de l'avantage cognitif du bilinguisme suggère que les enfants bilingues possèdent des fonctions exécutives plus développées, plus particulièrement leur contrôle inhibiteur. Cette étude examine si cet avantage existe chez les bambins. La littérature actuelle suggère un avantage bilingue pour le contrôle inhibiteur vers 24 mois, mais pas au cours de la deuxième année de vie. Cependant, ces résultats restent incertains en raison du manque de tâches adaptées à cet âge. Le test Early childhood inhibitory touchscreen task (ECITT) offre une méthode fiable pour mesurer l'inhibition dès l’âge de 10 mois. Cette tâche minimise les exigences linguistiques tout en captivant les bambins grâce à des animations. Un échantillon de 55 tout-petits (16 à 24 mois) est testé avec une mesure de l’exposition linguistique réalisée sur un continuum à l’aide de l’outil Language Exposure Assessment Tool. Le vocabulaire expressif est évalué à l’aide de l’Inventaire MacArthur-Bates du Développement de la Communication, et les fonctions exécutives sont mesurées via le questionnaire parental Early Executive Functions Questionnaire (EEFQ). Nous prévoyons qu'une plus grande exposition à une ou des langues secondes sera corrélée avec un meilleur contrôle inhibiteur, mais non avec une meilleure flexibilité ou régulation. Les résultats contribueront au débat sur l'avantage bilingue et à orienter les interventions visant à promouvoir la réussite scolaire.

Résumé du colloque

Depuis quelques années, le monde de la recherche sur l’apprentissage des langues secondes et le bilinguisme est en pleine ébullition. En plus de recourir de plus en plus fréquemment à des approches multidisciplinaires alliant linguistique, sciences cognitives et neurophysiologie, ce domaine a aussi vu l’apparition de nouveaux axes de recherche soulignant l’importance du contexte socioculturel ou socioécologique dans l’apprentissage des langues. Ainsi, des axes de recherche novateurs développés en collaboration avec des chercheurs en sociologie, en psychologie et en didactique ont permis de raffiner les questions de recherche afin d’obtenir une meilleure compréhension des phénomènes impliqués dans l’acquisition des langues secondes ou étrangères. Par exemple, on ne se demande plus simplement si le niveau d’exposition à une langue seconde peut influencer son apprentissage, mais plutôt quels impacts différents types d’exposition peuvent avoir sur l’apprentissage de celle-ci (interactions actives versus écoute passive, prévisibles ou imprévisibles…). De même, on ne s’intéresse pas seulement aux effets liés à l’âge d’acquisition (petite enfance, adolescence, âge adulte), mais aussi à ses interactions avec diverses variables telles que le type d’enseignement reçu ou l’attitude de l’apprenant. De tels travaux permettent d’isoler les facteurs neurodéveloppementaux des facteurs sociaux associés à l’acquisition linguistique, mais nécessitent la création d’équipes de recherche multidisciplinaires regroupant des chercheurs provenant de domaines parfois peu habitués à travailler ensemble. Il est donc crucial de créer des occasions de rencontre lors de colloques généraux tels que l’Acfas afin de favoriser les maillages interdisciplinaires entre chercheurs qui ne se croiseraient pas ailleurs. Ce colloque réunit des chercheurs de divers horizons afin de faire l’état de la recherche actuelle et de favoriser l’élaboration de projets collaboratifs innovateurs à l’échelle provinciale.

Contexte

section icon Date : 9 mai 2025

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