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Alexandrine Beauvais Lamoureux : Université de Montréal
Les crises successives – santé, logement, opioïdes – aggravent la vulnérabilité des populations marginalisées, notamment les personnes vieillissantes qui s’injectent des drogues. Confrontées à l’exclusion sociale, à des obstacles aux soins et à une détérioration de leur qualité de vie, elles subissent une précarité croissante. L’augmentation de l’itinérance dans les milieux urbains québécois met en lumière l’inadéquation des services actuels et l’absence de politiques de soins de longue durée, accentuant leur marginalisation.
Cette communication explore l’expérience de ces personnes à travers une analyse qualitative préliminaire d’entretiens menés auprès d’usager·ères de drogues injectables de 50 ans et plus à Montréal. Intégrée à une étude en méthodes mixtes, elle souligne l’urgence d’une approche intersectorielle pour anticiper la hausse des populations vulnérables et renforcer l’efficacité des services sociaux et de santé. En documentant leur qualité de vie et leur rapport aux structures existantes, cette recherche contribue à une réflexion sur l’adaptation des politiques publiques face aux crises futures. Elle propose de considérer l’usage de drogues injectables comme une condition chronique nécessitant des soins adaptés, afin de mieux répondre aux besoins d’une population trop souvent négligée.
Parmi les grands apprentissages de l’expérience de la pandémie de covid-19, le manque de préparation en amont de la crise est fréquemment cité dans les rapports de leçons apprises et recommandations produits sur la crise. En cette ère de polycrises où celles affectant la santé sont appelées à augmenter en nombre, en intensité, en complexité et en simultanéité, à un moment où les ressources sont de plus en plus limitées, nous sommes confrontés collectivement à un enjeu d’efficacité face aux défis actuels et des prochaines années, qui risquent de dépasser nos capacités à y répondre.
Le milieu de la recherche réfléchit aux moyens d’être plus efficaces pour contribuer à la prévention et à la réponse aux crises. S’il veut produire de nouvelles connaissances pertinentes, le secteur de la recherche doit mieux s’organiser, se doter de processus et de structures accélérant sa mise en place et améliorer le transfert des connaissances auprès des décideurs, du réseau de la santé et des services sociaux et ses partenaires de la communauté et de la société civile. Plusieurs questions se posent. Comment attribuer rationnellement les ressources financières pour soutenir des projets prioritaires? Comment éviter les coûteuses duplications de projets ou, au contraire, les angles morts dans le développement des connaissances? Comment la recherche peut-elle optimiser, mobiliser les différentes expertises, savoirs et connaissances existants qui sont nécessaires pour anticiper les menaces? Comment peut-elle répondre aux besoins des gestionnaires des crises et de la population dans des visées systémiques, systématiques et intersectorielles? Ce colloque propose d’explorer les modalités, expériences et connaissances développées sur la mobilisation des savoirs intersectoriels (santé, société et culture, nature et technologies) ainsi que les savoirs patients, citoyens, communautaires en préparation de crise pour mieux comprendre comment la recherche peut mieux participer au « se préparer ensemble ».
Titre du colloque :