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À la découverte d'une hérésie : les Guillelmites de Milan (1300)

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Paulette L'hermitte-Leclercq

Résumé du colloque

Guillelma est morte en 1282 en odeur de sainteté et fait l’objet d’un culte. Or l’Inquisition découvre en 1300 — l’année du Jubilé ! — qu’elle était à l’origine d’une secte où elle était vénérée comme Dieu réincarné dans un corps de femme. Tout était en place pour l’âge de l’Esprit avec un pape et des cardinaux femmes, où se réaliseraient enfin ces rêves que l’Église poursuivait en vain : la paix universelle, la conversion des infidèles et des Juifs. Cette hérésie d’inspiration millénariste exprime toutes les contestations et les folles espérances du temps mais est révolutionnaire parce que fondée sur la transgression majeure : celle du sexe. Les meneurs et la dépouille de Guillelma sont voués au feu. Du point de vue méthodologique, l’intérêt de ce dossier est double : il permet de répérer toutes les difficultés inhérentes à la reconstitution d’une société au travers du prisme déformant de la procédure inquisitoriale. Mais celle-ci est restée secrète. Les historiens postérieurs ont alors progressivement "réinventé" cette hérésie et l’ont habillée de tous les oripeaux archétypiques de la déviance : conventicules nocturnes, infanticide, orgies, sorcellerie. Il est passionnant aujourd’hui de faire le chemin inverse : des fantasmes de l’Histoire à ce qu’on croit pouvoir atteindre de la réalité.

Contexte

host icon Hôte : Université McGill

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