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Activité de travail et rationalité subjective : le cas des monteurs de lignes électriques

JB

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Jean-Pierre Brun

Résumé du colloque

Cette étude a été conduite auprès des collectifs de travail de monteurs de lignes électriques œuvrant dans une société hydroélectrique. Depuis de nombreuses années, de graves problèmes sévissent dans l'entreprise : dégradation du climat de travail, organisation du travail défaillante, taux d'accidents du travail élevé. Les données d'enquêtes ont été recueillies à l'aide d'observations participantes en situation réelle de travail et d'entrevues collectives. L'un des principaux constats de l'étude est qu'il y a une relation étroite entre les affects (ie. les émotions) et l'activité de travail. Les monteurs sont guidés par ce qu'ils ressentent au plan émotif, ils agissent de manière à éviter, en s'appuyant ou à transformer des situations de travail qui constituent une source de souffrance mentale. Confrontés à des circonstances organisationnelles et techniques inadaptées et rigides, les monteurs de lignes modifient leurs activités de travail en y intégrant des stratégies défensives. Par exemple, ils ne respectent pas certaines règles de sécurité, ils se confrontent dans des épreuves de bravade, de grimpage, etc. Par ces comportements de bravade, les monteurs parviennent non seulement à écarter la peur et réduire l'anxiété, mais aussi à se permettre de placer les conditions subjectives nécessaires à la poursuite de l'activité de travail. L'existence de ces stratégies défensives confirme que la subjectivité et les émotions sont indissociables de l'activité de travail et des rapports qui nous opèrent entièrement avec l'organisation du travail. Il nous semble donc important, pour l'ergonomie, de prendre en considération la place de la subjectivité dans l'étude du travail.

Contexte

host icon Hôte : Université du Québec à Montréal

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