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Albert Laberge: une esthétique de l'abjection

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François Gallays

Résumé du colloque

Nombre de critiques classent Albert Laberge parmi les auteurs réalistes et naturalistes en soulignant par la même occasion, comme s'il s'agissait d'une preuve, l'acuité de son regard et la justesse de ses propos. Par ailleurs, et souvent dans le même souffle, on ne manque pas de mentionner son ironie et son exagération. Sans soulever ici le problème que pose l'usage des notions de réalisme et de naturalisme comme outils conceptuels dans la catégorisation d'un auteur, il faut, cependant, souligner le caractère antinomique du rapport entre le regard aigu et les propos justes, d'une part, et l'ironie et l'exagération, d'autre part. Mais cette antinomie, dans un sens, était déjà inscrite dans le projet naturaliste de Zola. Et s'il est vrai que Laberge se rapproche de Zola par les sujets qu'il choisit de mettre en scène: les petites gens, la pauvreté, la misère, c'est plutôt vers Céline qu'il faudrait se tourner pour ce qui est du regard, rabissant et avilissant, qu'il fait peser sur eux. L'abjection est donc assurée par le texte lui-même et par la présence d'objets, d'images, de suggestions et d'allusions de nature scatologique que celle-ci se manifeste. Et, paradoxalement peut-être, on est en droit de se demander si ce n'est pas grâce à cette présence dans son oeuvre qu'il mérite le qualifier de véritable écrivain?

Contexte

host icon Hôte : Université du Québec à Montréal

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