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Analyse de la jurisprudence du Conseil de presse du Québec, 1973-1995

UD

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Ulric Deschênes

Résumé du colloque

Depuis sa fondation en 1973, le Conseil de presse du Québec se présente comme le «tribunal d'honneur» de la presse québécoise. Il reçoit et juge à ce titre les plaintes dirigées contre la presse, en escomptant que la casuistique et l'exemplification de ses décisions contribuent à rehausser la qualité de l'information transmise au public. Cependant, les activités et l'existence même du Conseil sont régulièrement remises en cause. La plupart des critiques le décrivent comme un organisme partial et sans pouvoir réel, qui cautionne les prérogatives de l'industrie tout en donnant l'impression que celle-ci a les capacités et la volonté de s'autodiscipliner. Le rôle institutionnel du Conseil prête d'autant plus à controverses qu'aucune étude systématique de sa jurisprudence n'a été réalisée auparavant, faute d'une indexation de ses décisions. Après avoir décrit la constitution de la jurisprudence du Conseil de presse, nous exposerons les résultats d'une analyse de contenu catégorielle réalisée selon deux axes complémentaires: a) les tendances statistiques au rejet ou à l'acceptation des griefs; b) les tendances rhétoriques de l'argumentation invoquée à l'appui des jugements. Notre analyse démontre que le Conseil rejette dans une forte proportion les plaintes qui remettent en cause la liberté traditionnelle de la presse. Elle révèle par ailleurs le laxisme «fonctionnel» des décisions du Conseil. Ce dernier occupe une position singulière puisqu'il doit sanctionner les abus de la presse en l'absence de consensus sur les pratiques journalistiques. Le Conseil y parvient en invoquant des principes éthiques et déontologiques contingents, principalement liés aux exigences rhétoriques de son discours.

Contexte

host icon Hôte : Université McGill

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