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Anamnèse de l'infigurable : l'œuvre de Paul Celan

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Alexis Nouss

Résumé du colloque

On énonce souvent la question de la mémoire de l'horreur en termes de représentation. L'horrible serait précisément ce qui, pendant du sublime, échappe à la représentation. Les termes du débat semblent devoir changer pour ce qui est de la mémoire de la Shoah. Qu'en est-il, en effet, lorsque la perception et la représentabilité de la temporalité comme successivité est perdue, ce qui est le cas pour le phénomène des camps inintelligibles en termes d'événementialité? Qu'en est-il lorsque cette incapacité entraîne celle de la mémoire? Dans cette dialectique entre temps et mémoire, le premier doit être restauré car la mémoire ne saurait contenir l'a-temporalité ou la sortie de l'histoire - dans sa conception habituelle - et fonctionner dans une chronologie invalidée. Mais cette restauration demande simultanément celle de la mémoire pour trouver un point d'ancrage où attacher un passé qui permettrait de créer un présent et la possibilité de la représentation. Les catégories et critères ontologiques traditionnels s'étant brisés devant le trou noir de l'histoire que symbolise le nom d'Auschwitz, les concepts mêmes d'humanité et d'humanitude engloutis dans cet abîme, il reviendrait au langage, à sa pratique dans l'écriture, autrement dit à la constitution d'une poétique, d'articuler et de définir un mode mémoriel dont la fonction n'est plus de réactualiser le passé mais d'accueillir et produire ce qui n'a pu être pensé comme advenu, d'exercer ce que nous nommons ici anamnèse. Nous esquisserons l'analyse d'une telle poétique mémorielle à partir de l'oeuvre de Paul Celan, privilégiant les notions de survie, de posthume et de traduction.

Contexte

host icon Hôte : Université d’Ottawa

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