pen icon Colloque
quote

Art et politique : le grand écart de Jürgen Habermas

JU

Membre a labase

Jean-Philippe Uzel

Résumé du colloque

Le philosophe allemand Jürgen Habermas domine aujourd'hui la philosophie politique contemporaine. Or, sur la question esthétique, Habermas est resté, tout au long des années 1960-1970, sur les conclusions pessimistes (proches des convictions d'Adorno) auxquelles il était parvenu dans L'Espace public (1961): l'œuvre d'art contaminée par la valeur d'échange est devenue, au XXe siècle, une marchandise parmi les marchandises. En 1980, dans un texte désormais célèbre, "La modernité: un projet inachevé", Habermas expose sa nouvelle conception de l'art qui, selon son propre dire, lui a été imposée par l'actualité politique: les néoconservateurs et les "jeunes conservateurs" (les philosophes postmodernes) ayant investi le discours esthétique pour contrer le programme des Lumières, Habermas se devait de leur répliquer du lieu même où émanaient ces critiques. Face aux postmodernes Habermas renoue avec le projet kantien qui consiste à faire de la sphère esthétique le lieu de médiation entre la nature et la liberté, entre la science et la morale. Face aux néoconservateurs Habermas affirme qu'il existe une rationalité propre à la sphère esthétique qui interdit toute confusion de l'art et du social: toutes les tentatives dadaïstes et néodadaïstes se sont révélées être des échecs retentissants. Ces deux volets de l'esthétique habermassienne semblent largement contradictoires et révèlent la place ambiguë de l'art au sein de la Théorie de l'agir communicationnel.

Contexte

host icon Hôte : Université McGill

Découvrez d'autres communications scientifiques

Autres communications du même congressiste :