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Artistes en danse. Témoignage d'un parcours médical. Les embûches qu'ont rencontrées les danseurs de ma génération sont-elles en train de disparaître?

LB

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Lucie Boissinot

Résumé du colloque

J’ai choisi la danse, ou est-ce elle qui m’a choisie ? Vers l’âge de 7 ans. Il est clair maintenant pour moi après 25 ans de carrière professionnelle en mes qualités d’interprète et d’enseignante, que ce choix fût alors purement instinctif. Il est tout aussi clair qu’une véritable passion pour cet art s’est installée en moi très rapidement, traçant des sillons profonds dans ma vie bourgeonnante et dictant en quelque sorte la façon dont je la poursuivrais. Pourtant, je n’étais vraiment pas une athlète. Je n’avais jamais ressenti un besoin pressant de pratiquer un sport ou de me dépasser physiquement. Ce chemin de danse tracé devant moi prenait sa source dans la rencontre renversante de la musique et dans les plaisirs de l’âme et du corps révélés par le fait de danser avec elle. La danse répondait à un immense désir d’expression. Dès que j’y avais goûté, je ne pourrais plus vivre sans elle. D’une part, l’entraînement du danseur encore très suffisant, n’intégrait pas les notions d’alignement, d’anatomie fonctionnelle ou de proprioception. Aucun professeur ne nous parlait de programmes de renforcement musculaire parallèles et complémentaires à l’entraînement en danse. Je suis donc une de celles qui ont dû chercher et trouver de manière empirique les meilleures solutions pour rencontrer les attentes de l’art. Mon instinct m’a permis de cheminer longtemps avant de me blesser. Ce corps était somme toute passablement résilient. Mais d’autre part, si on se blessait!!!, on se retrouvait le plus souvent devant un médecin déconcerté qui ne trouvait qu’à dire : « Tu devrais faire autre chose que de danser ». Cette réponse est venue, m’a provoquée et a nourri en moi la conviction que personne ne pourrait m’aider. Je me suis tournée très tôt vers les médecines alternatives très coûteuses pour mon porte-monnaie de danseuse. Tout le monde sait que la danse est encore pauvre, c’est culturel. Il faut comprendre qu’à partir d’un certain moment, la danse ne doit plus être considérée comme un sport de luxe ou un divertissement. Pour l’artiste qui la pratique avec le plus grand sérieux et avec l’engagement total implicite, la danse fait partie de sa raison d’être personnelle et d’une quête qui mérite d’être considérée avec égard, respect et compréhension. La rencontre amorcée entre les arts de la scène et la médecine est porteuse d’un grand espoir de bien être et de performance pour les jeunes danseurs que nous formons en ce moment. C’est dans cet esprit que je désire témoigner de mon parcours parfois difficile.

Contexte

news icon Thème du colloque :
La médecine des arts de la scène
manager icon Responsables :
Roger Hobden
host icon Hôte : Université du Québec à Montréal

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Thème du colloque :

La médecine des arts de la scène