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Au-delà du style : naissance du classicisme structurel dans Les Ruines de Pompéi

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Brigitte Desrochers

Résumé de la communication

Fatigués de mesurer et d’analyser les proportions des monuments classiques, les amants de l’antiquité se tournent, à la fin du XVIIIe et au début du XIXe siècle, vers les attributs structuraux de leurs modèles. Ainsi, la pensée architecturale se recentre sur la matière, la construction, la fonction : le moderne naîtra bientôt. On sait que cette perspective "structurelle" a cours parmi les professionnels de l’excavation bien avant qu’elle ne soit prisée des antiquaires, et qu’elle est pratiquée par les antiquaires bien avant qu’elle n’atteigne les architectes. Entre les sites de fouilles du sud et les salons d’architectes du nord, l’architecte et archéologue François Mazois fait office de charnière. Une suite de hasards et de circonstances extraordinaires amènent cet architecte français, diplômé de l’école des Beaux-Arts, à habiter dans les fouilles de Pompéi, "y mesurant les ruines avec exactitude, y copiant les peintures et n’ayant pendant trois ans (1809-1811) d’autre société que les manœuvres employés aux déblais". Il profite tout particulièrement de son contact avec Pietro La Vega, architecte directeur des fouilles qui lui transmet son plan général de Pompéi, le tient au fait de la progression des travaux et l’invite à participer à ses expériences de préservation et de restauration. La Vega s’est battu pour que Pompéi soit exploré entièrement et méthodiquement, ce qui a permis à Mazois de produire le compte-rendu le plus complet et le plus synthétique jamais publié sur la ville antique : il s’agit du magnifique ouvrage Les Ruines de Pompéi. Imprégné de la culture des fouilles et rempli de références aux auteurs classiques, ce livre connaît un grand retentissement lors de sa publication à Paris, en 1824. Aucune monographie, aucun article n’a encore étudié Les Ruines de Pompéi : la communauté des historiens de l’architecture ne connaît ni les relations entre Mazois et La Vega, ni l’influence du livre sur les étudiants de l’école des Beaux-Arts qui, dès la fin de leurs études, mettent en œuvre ses rafraîchissantes perspectives à travers des projets d’envergure tels que la bibliothèque Sainte-Geneviève ou la Bibliothèque Nationale de Paris. Des documents conservés au Centre canadien d’architecture, à la Bibliothèque Nationale de Paris et au Musée National d’archéologie de Naples m’ont permis de combler cette lacune.

Contexte

news icon Domaine de la communication :
Histoire de l'art, esthétique et muséologie
host icon Hôte : Université Laval

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