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Résumé de la communication
Cette enquête porte sur l'utilisation de la notion de race dans le nationalisme au Québec durant l'entre-deux-guerres. Les intellectuels québécois utilisaient largement le thème de la "race canadienne-française" pour bâtir l'identité et modeler la culture autour d'un nouveau nationalisme centré sur le Québec. Au tournant du siècle, la notion de race commence à déborder le sens historique et culturel qu'on lui donne généralement. Il servait alors à désigner un peuple ou une nation, un groupe plus ou moins vaste dont les individus ont une origine ou un passé communs, une langue et une culture communes. Après des crises sociales intenses, notamment la crise de la conscription de 1917, les intellectuels se posent la question : comment penser l'unité de la nation ? À l'intérieur du nouveau nationalisme de survivance et inspiré par les sciences, la notion de race se transforme. En plus d'évoquer la culture, elle désigne maintenant la transmission des caractères, autant physiologiques que psychologiques, en un mot l'hérédité. C'est ainsi qu'un argumentaire d'ordre biologique se construit dans les courants idéologiques. Ces observations tendent à contredire l'historiographie récente qui restreint l'usage du terme à sa signification culturelle et sociologique, déjà floue, de peuple ou de nation. Le paradigme de la race a influencé tout l'Occident dans la première moitié du XXe siècle dont le Québec. Comme on aperçoit des tentatives pour asseoir la politique sur des fondements scientifiques, il n'est pas étonnant de voir apparaître une récupération du discours scientifique sur la biologie par le discours nationaliste et politique. Celui-ci se manifeste notamment dans le mouvement populationniste de survivance de la nation, dans la croisade contre l'alcool et dans les grandes campagnes d'hygiène publique. Fait important, l'utilisation de la notion de race déborde l'étanchéité des idéologies, utilisée autant par le courant libéral que par le mouvement clérico-nationaliste. La biologisation de la race serait-elle un caractère distinctif de la modernité ? Ou encore la base de certains fondements ethnicistes du nationalisme ? La question mérite un nouvel examen des idéologies.
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