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Résumé du colloque
Depuis le Moyen ge, l'influence de la culture religieuse judéo-chrétienne est très perceptible sur la formation du lexique français. Une série de personnages bibliques ont fortement marqué l'évolution de notre langue. L'univers religieux est donc à la source d'une production d'envergure qui a fécondé le lexique dans toutes ses dimensions. Dieu, le Christ, Marie, Joseph et le Saint-Esprit sont les figures bibliques les plus évocatrices. Leurs noms, parfois repérables sous plusieurs formes (Jésus, Christ, Jésus-Christ, Christ Jésus, Sauveur), ainsi que les unités lexicales qui en dérivent sont omniprésents dans le langage ordinaire, même chez ceux et celles qui se sont éloignés de la pratique religieuse ou qui sont athées. Le dictionnaire est le dépositaire de toutes les traces lexicales qu'a laissées le français à travers son histoire. Plus même, il est le lieu métalinguistique le plus marqué par les idéologies et par les événements culturels, sociaux, politiques, religieux, etc. Sur le plan linguistique, on n'a qu'à penser à deux zones du vocabulaire québécois qui sont fortement redevables aux dénominations religieuses : la toponymie et les sacres. Dans notre étude, nous n'explorerons pas ces secteurs déjà largement documentés. Nous nous proposons plutôt de jeter un regard sur le Nouveau Petit Robert et sur le Larousse Illustré afin de pister les différentes sortes de mots que ces noms propres ont pu servir à créer et qui ont traversé du côté de l'usage courant. Ces mots entrent dans des constructions lexicales allant du mot simple fortement lexicalisé aux expressions et aux phraséologismes moins figés sémantiquement, en passant par les proverbes et les dictons. Qu'on songe aux éponymes (Dieu, Jésus), aux onomatismes (jésuite, virginité, larmes-du-Christ), aux unités lexicales complexes (fils de la Vierge, opération du Saint-Esprit), aux locutions (Dieu seul le sait!, se prendre pour Dieu le Père), aux expressions (donner le Bon Dieu sans confession à quelqu'un, suer comme un Christ en croix), aux phraséologismes (implorer Dieu, perdre sa josephté), aux proverbes et aux dictons (ce que femme veut, Dieu le veut, chacun pour soi et Dieu pour tous). Notre étude sera limité aux trois premières catégories d'unités : les éponymes, les onomatismes, les lexies complexes. Nous chercherons à voir comment les dictionnaires généraux monolingues rendent compte de ce vocabulaire d'origine «biblionymique».
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