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Résumé de la communication
L’histoire du Québec moderne est, le plus souvent, pensée en fonction d’une dialectique de la rupture, qui cloisonne et oppose les périodes d’avant et d’après la Révolution Tranquille. Tout se passe comme si à la modernité du Québec s’était ajoutés l’oubli et la honte des années de "Grande Noirceur". Cette histoire amnésique est aujourd’hui revisitée, notamment par l’écrivaine France Théoret qui, dans le roman "Une belle éducation" (2006), questionne la force réelle des ruptures au sein des histoires individuelles et collectives. Évelyne, l’héroïne du roman, est écartelée entre le traditionalisme imposé par son père et l’institution religieuse, la mémoire déficiente de sa mère et son propre désir d’émancipation. S’entrechoquent ainsi, sur une période de près de trente ans, divers ordres du temps, c’est-à-dire différentes façons, chez les personnages, d’articuler passé, présent et avenir. À partir du concept de régime d’historicité, tel qu’élaboré par François Hartog (2000), cette réflexion veut saisir ces différents ordres du temps. Ainsi nous verrons comment, par cette orchestration, Théoret réaffirme la noirceur de cette époque dans un traitement différent des changements survenus en disant ce qui persiste encore aujourd’hui du Québec d’avant 1960. Allant à l’encontre de la "non-mémoire" québécoise, ce roman témoigne donc de la présence d’un héritage autre que celui des années de Révolution Tranquille qu’on a longtemps préféré taire.
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