pen icon Colloque
quote

Ce sida qui rend queer

MD

Membre a labase

Martine Delvaux

Résumé du colloque

Cette communication a pour objectif d'explorer le rôle de la séropositivité et du sida dans la construction de l'identité féminine, à partir de deux témoignages de femmes séropositives: Pourquoi moi? de Juliette (pseudonyme) et On n'est pas sérieux quand on a dix-sept ans de Barbara Samson. Comme l'ont indiqué plusieurs critiques (entre autres Leo Bersani, Judith Butler, Catherine Waldby et Robin Gorna), le discours social et la culture populaire, le sida rend queer, féminisant les homosexuels (cf. Bersani) et queerant les femmes: celles-ci se trouvant homosexualisées par leur inscription dans une généalogie imaginaire qui, parce que l'homosexuel est conçu comme le faiseau conducteur par excellence, fait de tout sidéen un homosexuel par procuration. "'Heterosexual AIDS' did not shift the equation AIDS=Queer" écrit Cindy Patton; "rather, these heterosexuals were counted as queer because they got AIDS". En ce sens, toute femme atteinte du virus est coupable de son état. Elle est le lieu d'une sexualité construite comme incontrôlable, voire perverse. Cet élément queer vient toutefois s'ajouter aux stéréotypes qui traditionnellement figent la femme: ceux de la vierge, de la mère et de la prostituée. Comme l'indique Robin Gorna, l'expression "Women and AIDS" sous-entend la logique suivante: "women render AIDS respectable while AIDS queers women". Dans cette communication, je m'attarderai aux textes nommés ci-haut dans le but de relire ce "queerement" de l'identité, le lien qui s'établit entre le féminin et l'homosexuel à travers le sida, lieu du queer qui en retour contamine les stéréotypes.

Contexte

host icon Hôte : Université Laval

Découvrez d'autres communications scientifiques

Autres communications du même congressiste :