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Résumé de la communication
Depuis plus de vingt ans, la gynocritique s’est attelée à proposer de nouveaux modes de saisie des objets littéraires : des classiques mâles à ceux des femmes (longtemps ignorés par l’institution littéraire), sans oublier les textes des auteures qui se réclament du féminisme. Ces diverses analyses des représentations des rapports de genre ont produit de nouveaux savoirs, sans cesse renouvelés et à renouveler. Dans cette optique, Lori Saint-Martin a mis en évidence l’évolution de la conscience féministe dans les romans écrits par les femmes, à travers le triptyque périféminisme-féminisme-métaféminisme. Sont périféministes les romans parus avant le début des revendications féministes, des changements socioculturels survenus dans les sociétés du Nord puis dans celles du Sud, mais qui comportent une part indéniable de subversion. Les textes métaféministes affirment à la fois leur enracinement dans la virulence féministe des premières luttes et leur différence dans le dépassement de ces premiers élans combatifs : c’est une littérature plus intimiste et plus lisible. Mais qu’en est-il des romans francophones mâles taxés par la critique d’être féministes, lorsqu’ils mettent au jour leurs visions de la condition féminine, des rapports sociaux pétris de "valence différentielle des sexes" ? Y note-t-on la même évolution que dans le corpus femelle ? Peut-on arguer que ces romans mâles sont passés du stade de (péri)féministe à celui de métaféministe dans le cadre de la francophonie littéraire ? Si oui, les stratégies diffèrent-elles d’un francophone à un autre ? L’hypothèse que nous posons est que certains romanciers francophones développent de véritables problématiques féministes et mettent en scène, à des degrés divers néanmoins, des pratiques scripturaires qui s’apparentent à celles que privilégient les romancières dites métaféministes. Notre démonstration se fera à propos de trois auteurs francophones bien connus : Yvon Rivard (Québec), Henri Lopes (Congo) et René Depestre (Haïti). En nous inspirant de la distinction de Saint-Martin, nous mettrons en évidence l’aspect (méta)féministe de certains de leurs romans au travers du paratexte, de l’énonciation, du système actantiel et de la thématique.
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