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Complexification morpho-syntaxique : le cas de deux enfants sourds de parents entendants

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Linda Lajeunesse

Résumé du colloque

Depuis deux ans, de nombreux intervenants dans le domaine de la surdité ont adopté une approche bilingue (langue des signes québécoise (LSQ), langue première, et français, langue seconde (Labrèche, 1994). Certains parents et intervenants ne voient pas comment il est possible que les enfants sourds de parents entendants (90% des enfants sourds) développent une compétence satisfaisante en langue signée puisqu'ils sont le plus souvent entourés d'adultes entendants et ont un modèle gestuel très fortement marqué par la syntaxe et la morphologie du français. En effet, dans la plupart des cas, les parents utilisent une interlangue, généralement des signes de la LSQ organisés séquentiellement selon les règles du français (Knoors, 1994). Nous avons cependant observé dans la production signée de deux jeunes enfants peu exposés à des modèles d'adultes sourds une complexité que ne comporte vraisemblablement pas le modèle parental. Cette complexité se traduit en termes de simultanéité et d'utilisation de l'espace. Pour illustrer les formes complexes que nous avons relevées, nous analyserons l'utilisation de verbes directionnels et de verbes à classificateurs. Nous montrerons, de plus, que les enfants produisent des phrases dont l'ordre des signes, autre que l'ordre des mots du français (Bouchard et Dubuisson, 1995), respecte les règles de la LSQ et qu'ils utilisent aussi l'espace construit, ce qui consiste à situer dans l'espace des personnes ou des objets absents. Nous verrons enfin que l'utilisation de comportements non manuels remplissant différentes fonctions est clairement en émergence (Dubuisson et al., 1995). Dans les systèmes de signes élaborés par les entendants pour communiquer avec les enfants sourds, l'arrangement séquentiel de l'information est très coûteux en termes de temps et comporte des difficultés pour la mémoire à court terme. Nous expliquerons donc les complexifications observées comme une stratégie d'évitement qui permet de conserver la densité d'information par énoncé. La capacité de complexifier est reliée à ce que Pinker (1994) appelle "l'instinct de langage" et que Jackendoff (1994) appelle "l'hypothèse génétique".

Contexte

Section :
Linguistique
news icon Thème du colloque :
Linguistique
host icon Hôte : Université de Trois-Rivières

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Titre du colloque :

Linguistique

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