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Conception du corps humain, altruisme et liberté du don

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Anne Langlois

Résumé du colloque

D'où viennent les difficultés à élaborer une morale commune qui permette de concilier efficacité et respect des libertés dans le domaine du don d'organes? Nous formulerons en l'argumentant l'hypothèse de l'inadéquation des modèles culturels à notre disposition pour promouvoir un altruisme authentique. D'une part, concernant le corps nous possédons au moins deux conceptions antagonistes et simultanées, l'une tirée du savoir biologique, objectivant, l'autre tirée de l'expérience intime, qui en fait le siège de notre histoire personnelle. Quant au «néo-cadavre», il demeure une réalité impensée du grand public. D'autre part, le lien charnel de l'être humain à la collectivité dans la mort, est marqué par d'inéluctables ambivalences car toute mort est une perte et en même temps l'occasion d'un renouvellement bénéfique. Avec le don d'organes on assiste, en outre, à un renversement des solidarités : traditionnellement elles s'exerçaient, de la part du groupe (village, État) en faveur des familles de défunts; à l'inverse ces dernières se voient écartées au profit de la collectivité quand il y a prélèvements. Archaïsmes et fantasmes imprègnent les discours des acteurs sociaux. Les travaux en sciences humaines révèlent les ambiguïtés des pratiques. Comment alors le philosophe peut-il penser l'altruisme? À la place de l'imposition semi-autoritaire et culpabilisante d'une solidarité biologique sur fond de triomphalisme néo-plasticien et de fonctionnalisation strictement administrative, nous suggérons l'éducation à une fraternité responsable fondée sur la compréhension partagée de notre commune vulnérabilité d'êtres de chair et de sang.

Contexte

manager icon Responsables :
Johanne Pomerleau
host icon Hôte : Université McGill

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