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Concepts, modules et personnage : le suprasensible naturalisé

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Benoît Hardy-Vallée

Résumé du colloque

Le questionnement sur la validité de nos jugements esthétiques se confronte à ce que Kant nomme l'antinomie du goût. D'une part, nos jugements visent l'universalité en discriminant ce qui est beau de ce qui ne l'est pas. D'autre part, nos jugements ne sont pas prédéterminés et objectifs à cause de leur origine subjective. Kant résolut l'antinomie du goût dans la Critique du Jugement en postulant que le suprasensible, un concept a priori mais indéterminé, sous-jacent à la perception, permettait la réconciliation de ces deux perspectives sur le jugement esthétique. Le suprasensible, deux siècles avant la révolution cognitive, se présente comme une entité purement théorique; nous tenterons ici d'élaborer une théorie naturalisée du suprasensible et de l'interprétation en 3 étapes : 1) Montrer les avancées que la théorie kantienne suggère à une perspective subjectiviste dans l'analyse de la perception d'une œuvre d'art; 2) Montrer comment la théorie évolutionniste de la modularité peut également expliquer la visée universalisante du jugement esthétique en posant des mécanismes inférentiels innés; 3) Montrer que les processus d'interprétation d'une œuvre d'art ne sont pas fondamentalement différents des processus cognitifs à l'œuvre dans la démarche scientifique. Pour illustrer ce standard de la perception esthétique, nous montrerons plus particulièrement comment l'interprétation du personnage de roman fait appel au module de théorie de l'esprit, et comment ce processus d'interprétation suit une logique inférentielle semblable à celle d'une enquête scientifique.

Contexte

manager icon Responsables :
Stéphane Courtois
host icon Hôte : Université Laval

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