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Conséquences de l'agression sexuelle chez les jeunes enfants : Analyse de regroupements

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Martine Hébert

Résumé du colloque

Au cours des dernières années, de nombreuses études se sont intéressées à mieux décrire l'impact de l'agression sexuelle sur le développement des enfants. Les données empiriques recueillies indiquent que plusieurs vivent des difficultés à court ou à long terme au plan affectif, social et/ou cognitif. Par contre, certains enfants ayant dévoilé une agression sexuelle ne semblent pas afficher de difficultés comportementales suite au dévoilement. Ces résultats incitent à se questionner sur l’influence potentielle des caractéristiques de l’agression (identité de l'abuseur, sévérité de l'abus, durée de l'abus, etc.) et les facteurs de protection qui peuvent influencer les conséquences. La présente étude vise à explorer la relation entre les caractéristiques de l'abus, l'environnement familial et les stratégies de coping employées par l'enfant et la présence de difficultés comportementales. L'échantillon est composé de 123 enfants de sept à douze ans ayant dévoilé une situation d’agression sexuelle et consultant la Clinique de pédiatrie socio-juridique de l’Hôpital Ste-Justine. Au cours d'une rencontre individuelle, la mère complète le «Child Behavior Checklist» (Achenbach & Edelbrock, 1991) et le «Family Relationship Index» (Holahan & Moos, 1991) alors que l'enfant répond au «Self-Report Coping Scale» (Causey & Dubow, 1992). Une analyse de regroupement («cluster analysis») permet d’identifier quatre groupes d'enfants victimes: deux groupes principalement composés d'enfants ayant vécu un abus intra-familial, mais pour lesquels la sévérité des troubles de comportement diffère, un groupe regroupant les enfants ayant vécu une agression extra-familiale qui présentent peu ou pas de troubles de comportement, et un groupe composé d'enfants ayant vécu un abus sexuel intra ou extra-familial d'une plus grande sévérité et qui présentent des troubles de comportement. Des analyses de variances montrent que la contribution des facteurs familiaux et personnels sur l'adaptation de l'enfant est plus importante si l'agression implique un membre de la famille ou qu'elle implique des actes plus sévères dans les situations d’agression extra-familiales. De plus, comparés à un groupe témoin apparié selon le sexe et l'âge, deux de ces sous-groupes d'enfants se distinguent quant à la sévérité de leurs troubles de comportement. Les implications au plan de l’intervention auprès des jeunes enfants victimes d’agression sexuelle sont abordées.

Contexte

host icon Hôte : Université Laval

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