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Contrastes urbains/régionaux de l’environnement social des familles homoparentales au Québec et au Canada

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Danielle Julien

Résumé du colloque

Les recherches des vingt dernières années sur les familles homoparentales ont été presque entièrement guidées par la vérification empirique de la « normalité » psycho-sexuelle, sociale et affective des enfants. Le plus souvent a-théoriques, ces recherches visaient à rassurer la population et le législateur quant aux conséquences sur les enfants de l’encadrement juridique des nouvelles réalités conjugales et parentales, particulièrement de la filiation homosexuelle. S’appuyant sur la variabilité des expériences et de l’adaptation des familles homoparentales et de leurs enfants, la présente étude s’appuie sur un modèle écologique qui pose l’Hétérosexisme et le Sexisme comme axes modulant les contextes culturels, institutionnels et sociaux des familles homoparentales ; ces contextes affecteraient à leur tour l’expérience conjugale et parentale des parents homosexuels et l’expérience psycho-sociale des parents et des enfants. Ce modèle stipule que, comparées aux mères lesbiennes vivant dans les centres urbains, les mères lesbiennes vivant en région auront des réseaux sociaux comprenant une plus grande proportion de personnes hétérosexuelles et offrant moins de soutien à la famille homoparentale. Nous nous attendons aussi à ce que les mères vivant en région vivent davantage de problèmes en raison de leur orientation sexuelle, davantage de difficultés conjugales et parentales, et davantage de détresse psychologique. Des questionnaires portant sur des variables parentales, conjugales et psycho-sociales des mères et de leurs enfants ont été administrés à 340 mères lesbiennes provenant de neuf provinces canadiennes. Conformément aux hypothèses, les résultats de divers tests paramétriques et non-paramétriques montrent que les mères vivant en région ont des réseaux sociaux composés d’une plus grande proportion de personnes hétérosexuelles et offrant moins de soutien à la famille homoparentale. Elles ont aussi fait leur premier coming out à un âge plus avancé que les mères de centres urbains. Toutefois, elles ne vivent pas plus de difficultés reliées à leur lesbianisme, ne sont pas moins nombreuses à vivre en couple et ne vivent pas plus de détresse psychologique et conjugale que les mères vivant en centres urbains. Les résultats soulèvent la question des stratégies d’adaptation des mères en région et de leurs effets sur l’adaptation des enfants.

Contexte

manager icon Responsables :
Joseph-Josy Lévy
host icon Hôte : Université du Québec à Chicoutimi

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