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Résumé du colloque
Le roman québécois moderne transforme le symbolisme associé aux saisons : au-delà de simples balises temporelles (phénomène propre au roman du terroir), elles sont chargées de fonctions symboliques multiples. L’hiver en particulier connote l’altérité et l’affrontement. La saison offre également une scène aux expériences de sacré ou d’initiatique. Dans ''Le jour est noir'' de Marie-Claire Blais et ''Le couteau sur la table'' de Jacques Godbout, l’hiver est d’abord ressenti comme une expérience corporelle. Les sévices de la saison sont subis par le corps : les odeurs disparaissent, les pieds foncent dans la neige, l’équilibre est mis en péril, l’air glacé cause l’asphyxie, la chair est transformée en marbre, le cœur bat au ralenti et le corps pourrit. Ou à l’inverse, le sang bouillonne sous la peau glacée, les amoncellements de neige protègent comme des bourrelets, excusent la paresse des esprits et des corps, invitent au sommeil et guérissent l’âme. La dimension corporelle du vécu de l’hiver évoque, d’une part, l’affrontement, la menace et l’immobilisme; d’autre part, la quête, la paix et la rédemption. Que les traces de l’hiver sur le corps soient ressenties par des protagonistes vacillant entre plusieurs cultures ajoute à ce symbolisme une dimension politique à une époque où le Québec cherche la légitimité culturelle. Dans ces récits, l’hiver est véhicule de la réappropriation d’une identité subjective et collective qui se réalise à travers un rite subi par le corps.
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