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De la crise sociale à l’homme nouveau : les fonctionnaires de la technique

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Nicole Bocher

Résumé du colloque

Selon Benot (2003), la vie est semée de risques d'esclavage. Heureusement, ces facteurs de risque, nous avons maintenant les moyens de bien les mesurer pour pouvoir les prévenir en les éliminant à l'avance, comme dans le film fiction minority report. Le service social et bien d'autres professions ont un rôle social primordial dans cette gestion préventive des risques de la vie et de la mort, mais aussi les risques de toute dérégularisation sociale. Mais le voilà confronté non seulement à de nouveaux problèmes sociaux, mais également à une mutation anthropologique majeure selon l'expression de Gilles Bibeau. Alors, s'enclenche en service social depuis le début du millénaire une démarche internationale de redéfinition et de reconstruction du service social. Pour ma part, engagée depuis le début de la crise économique, c'est-à-dire début 1980, dans une recherche sociologique sur le thème: Quelle crise, quelle politique, quelle pratique sociale, je vous propose d'examiner cette évolution du service social à travers un regard neuf. Autrement dit, je suggère de considérer l'apparition vers les années 1990 du discours et de la mesure des facteurs de risques que représente un cas du service social de devenir plus tard un délinquant ou un marginal, ou un inadapté social comme un risque d esclavage. Mais pourquoi et comment? C'est en traçant l’évolution des discours sociologiques et épistémologique sur La crise et Sa solution (Saunders, 2004), en reconnaissant la profondeur de la mutation sociale (Hobsbawn, 2004), l’avènement plus ou moins volontariste de l'Homme Nouveau (Aubenas, 2002), que l'on peut mieux voir le rôle traditionnel du service social de fonctionnaire de la technique (Mattei, 2004). Mais, comme rien n'est jouer d'avance et que les paradoxes du travail social (Autes, 1999) sont à la fois sa force et sa faiblesse pour agir sur et dans des contextes de plus en plus paradoxaux nul ne peut prévoir à quoi servira vraiment le service social des années 2000. Poussera–t-on l’efficacité de l'intervention, en éliminant par avance les risques de la souffrance, de la peur, de l'angoisse et de la violence pour enfin délivrer l'humain de cet Autre vraiment dérangeant. Alors, l'humain risque l'esclavage du volontarisme triomphant et de la dépersonnalisation. Mon Dieu, délivrer nous du mal... et surtout du fanatisme, car prendre le risque d affronter l'inconnu et l'angoisse, c'est la vie. Mais, qu'allons-nous devenir? Heureusement, Dieu seul le sait. Se voir en transition reste notre angle mort, notre impensable et notre salut éternel. Amen.

Contexte

host icon Hôte : Université du Québec à Chicoutimi

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