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De la théorie musicale aux soupirs de la volupté : les mouvements intimes de la libre pensée dans le roman libertin

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Marc-André Bernier

Résumé du colloque

Les dortoirs de Lacédémone (1740), Psaphion, ou la courtisane de Smyrne (1748), les Sonnettes (1749) : à l'époque où paraissent ces trois romans libertins, les travaux du musicien Jean-Philippe Rameau sur le "corps sonore" avaient mis en vogue les principes d'une théorie musicale qui cherchait à fonder l'étude des accords harmoniques sur les lois mécaniques de l'acoustique. Ces principes, on le sait, étaient appelés à connaître une brillante fortune ; toutefois, l'on n'a guère examiné jusqu'à ce jour le parti que devait en tirer le libertinage. Les trois romans dont on propose l'étude mettent en lumière cet aspect souvent méconnu que revêt la libre pensée du XVIIIe siècle dès lors qu'on l'envisage sur son versant le plus intime et le plus clandestin. Ici, la théorie musicale permet à la pensée d'envisager les "facultés de l'âme" sous la figure d'une lyre ou d'un clavecin dont les cordes seraient pincées par la multitude des sensations qui affectent le corps. Aussi ne doit-on pas s'étonner de voir des romans en apparence frivoles prolonger et approfondir des conceptions de cette sorte, à la faveur de descriptions où la nature même de l'"âme" se trouve liée aux mouvements intimes du corps. Les sensations, dit-on, forment dans l'"âme" des "accords harmoniques" suivant les mêmes lois que celles qui régissent les vibrations d'un "corps sonore", si bien qu'à la fin, on dispose de textes qui parviennent à établir les principes d'une esthétique musicale sur l'analyse des ressorts de la volupté.

Contexte

manager icon Responsables :
Hélène Marcotte
host icon Hôte : Université de Trois-Rivières

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