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Déficit nominal et compensation chez trois groupes de patients Alzheimer

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Géraldine Hilaire

Résumé du colloque

A ce jour, les troubles du langage des patients atteints de maladie d'Alzheimer restent peu étudiés par des linguistes. Le plus souvent, ces troubles sont décrits sous les termes de "anomie" ou "manque du mot". La question qui est à l'origine de cette recherche est la suivante : les patients Alzheimer présentent-ils un simple manque du nom ou bien ont-ils des difficultés pour désigner les objets à partir d'autres catégories grammaticales. En d'autres termes, que devient la fonction référentielle chez les patients Alzheimer. Au total, 19 patients Alzheimer probables (NINCDS-ADRDA, McKhann et al, 1984) et 19 sujets témoins ont été enregistrés lors de la passation d'une tâche de dénomination d'images (Hilaire et Dubois, 2000). Les énoncés des patients ont ensuite été classés en catégories grammaticales (noms, verbes, adjectifs, démonstratifs, présentatifs, interjections, pronoms personnels etc.). Cette approche permet de montrer que les patients présentant une démence débutante (MMSE entre 24 et 28) ne se distinguent du groupe témoin que par l'apparition d'hésitations. Au contraire, les patients présentant une démence légère (MMSE entre 19 et 23) présentent une importante diminution des productions nominales. Néanmoins, ces patients utilisent des stratégies de compensation, notamment les verbes et les pronoms personnels sont utilisés pour désigner autrement que par des noms les représentations. L'analyse plus approfondie des énoncés met en évidence que ces patients recontextualisent les objets dans un environnement connu, ce qui permet de supposer que ces mêmes patients ont encore un ensemble de connaissances, quoique personnelles, des objets qu'ils désignent à partir d'expressions complexes. L'approche linguistique des énoncés de ces patients montre que le déficit linguistique est essentiellement limité à un manque du nom, mais il permet également de supposer que les connaissances collectives, normées rattachées à ces objets sont affectées. Enfin, chez le groupe de déments modérés, la fonction référentielle est particulièrement déficitaire : ces patients ne parviennent ni à désigner les objets à partir d'une forme nominale, ni à partir d'expressions complexes. Les énoncés restants ne sont plus que des énoncés utilisés pour marquer leur difficulté à se conformer à la tâche.

Contexte

manager icon Responsables :
Yves Joanette
host icon Hôte : Université de Montréal

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