pen icon Colloque
quote

Des interventions contre les stéréotypes limitatifs chez les filles à leur refus des assignations identitaires

PB

Membre a labase

Pierrette Bouchard

Résumé du colloque

Au Québec, l'étude de la socialisation familiale et scolaire a été privilégiée par les féministes au cours de la décennie 1975-85. Les écrits portant sur le sexisme sont nombreux; ils mettent en lumière les processus d'inculcation des stéréotypes chez les enfants. Au début de la décennie suivante, ce sont les attitudes du personnel enseignant qui sont étudiées dans le phénomène de la transmission des rôles socio-sexuels. Le nombre impressionnant d'outils d'intervention produits à l'époque laisse croire que tout a été fait et dit dans ce domaine. Mais, au début des années 90, une situation nouvelle ramène la question de la différenciation sexuelle. Les taux d'abandon scolaire au Québec montrent que les garçons sont plus touchés que les filles par ce phénomène. Un débat médiatique amène certains milieux de l'éducation à croire en une injustice faite aux garçons par l'école. L'étude des discours sociaux élaborés dans ce contexte montre à quel point le sujet est politisé: la question de l'accès à l'éducation, considéré comme un acquis pour les femmes, refait surface. Notre équipe se penche sur les écarts de performance et de persévérance scolaires entre garçons et filles (enquête statistique et entrevues de groupes). Inspirée d'un cadre d'analyse socio-politique, l'approche retenue utilise les concepts de soumission et de résistance pour rendre compte de l'expérience scolaire des jeunes de niveau secondaire. Elle éclaire comment sont produits les rapports sociaux de sexe dans les interactions entre jeunes. Les résultats de la recherche permettent de comprendre pourquoi, dans le contexte socio-politique actuel, sont exacerbées les oppositions entre catégories de sexe: les filles contestent et refusent les assignations identitaires de sexe, résultat probable des interventions répétées contre les stéréotypes, alors que les garçons continuent d'y adhérer plus fortement. Cette adhésion produit cependant des «effets pervers» en éloignant nombre de garçons de l'école.

Contexte

host icon Hôte : Université McGill

Découvrez d'autres communications scientifiques

Autres communications du même congressiste :