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Résumé du colloque
La fille de joye, récit quintessencié de l'anglois (1751) de Fougeret de Monbron s'ouvre sur cette réflexion de Fanny, la narratrice de ce roman libertin : «Tu veux, ma chère amie, que je retrace à tes yeux les égarements de ma première jeunesse [...] La vérité guidera ma plume [...] : je peindrai les choses d'après nature ». La suite du texte ne dément pas cette ambition initiale et multiplie en conséquence des scènes licencieuses attentives à décrire les différentes figures sous lesquelles paraît le corps de chaque personnage. Toutefois, et c'est là l'hypothèse que j'entends examiner, représenter le corps « d'après nature » va solliciter une éloquence qui s'invente à partir d'un savoir portant sur l'idée même de « nature ». D'une part, on verra que ce savoir se rattache à un vitalisme qui, depuis les Anciens et les « libertins érudits » du XVIIe siècle, suppose à la nature force et fécondité. D'autre part, on examinera en quoi la mise en scène du corps libertin ne se réduit pas à simplement piller d'anciens motifs vitalistes, mais tire également parti des conceptions mécanistes propres aux sciences naturelles de l'âge classique. Aussi est-ce en alliant sans cesse des métaphores issues d'un naturalisme à l'antique à des figures tirées d'une conception mécaniste de la nature, que la Fille de joye parvient à mettre en scène un corps dont les mouvements et les attitudes libertines se trouvent représentés à la faveur d'une docte éloquence.
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