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Désaffiliation sociale et pratiques d'insertion : le cas de quatre entreprises d'insertion du Québec

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Carole Ladeuix

Résumé du colloque

Notre mémoire traite de la problématique du chômage et de ses effets sociaux : la désaffiliation sociale. Il analyse les stratégies mises en place au Québec pour contrer ce phénomène et les organismes qui y participent, en l’occurrence les entreprises d’insertion. Depuis le début des années 1980, les sociétés occidentales sont confrontées à la montée d’un chômage de masse. Le Canada, et le Québec en particulier, connaissent depuis la dernière décennie des taux de chômage de 10 % et pouvant atteindre 15 % dans certaines grandes métropoles (Favreau, 1998). À ce chômage désormais structurel et de longue durée, s’ajoute une précarisation importante du travail. Le contrat à durée indéterminée a laissé place à d'autres formes d'emplois au caractère incertain : temps partiel contraint, intérim, emplois soutenus par les pouvoirs publics dans le cadre de politiques de lutte au chômage, etc. Une des conséquences immédiates de cette crise de l’emploi est une perte de revenus et une instabilité financière pour une partie grandissante de la population. Mais plus encore que cet appauvrissement monétaire, cette crise de l’emploi et des protections qui lui sont rattachées, fragilise le lien social à un tel point que certains n’hésitent pas à qualifier l’exclusion du marché du travail comme la nouvelle question sociale par excellence (Rosanvallon, 1995). En effet, dans nos sociétés encore majoritairement salariales, le travail reste le médium principal d’intégration à la société. Dans un contexte de crise de l'institution familiale et conséquemment d'affaiblissement des supports relationnels classiques (de Singly, 1991), de déclin des réseaux d’échange traditionnels et des solidarités qui leur étaient inhérentes (Paugam, 1993), le chômage entraîne aussi une crise de l’identité et de la citoyenneté (Lévesque, 1995). Devant ce problème de désaffiliation sociale (Castel, 1995) et face aux limites des politiques publiques en matière de traitement social du chômage (Favreau, 1998), le secteur communautaire du Québec a constitué une sorte de laboratoire innovant en matière de stratégies visant à insérer ou réinsérer les individus appartenant aux groupes sociaux les plus fragilisés par ces restructurations économiques et sociales. Une mosaïque d’initiatives sont nées de manière éparse et en dehors de tout cadre normatif. Parmi ces pratiques, les entreprises d’insertion constituent une voie novatrice pour contrer le processus de désaffiliation sociale des groupes sociaux les plus marginalisés. Notre mémoire se divise en deux parties distinctes. La première partie est une recherche de type théorique et compréhensif. Elle implique un effort de synthèse critique des travaux de Robert Castel et de la littérature sociologique relative aux concepts d'exclusion, d'insertion et d'économie sociale. La seconde est empirique et s’appuie sur la méthodologie qualitative de l’approche monographique.

Contexte

manager icon Responsables :
Martine Vézina
host icon Hôte : Université de Montréal

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