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Résumé du colloque
A l'heure où certains estiment que le français du Québec est suffisamment distinct des autres variétés de français pour qu'on en élabore sa propre norme (Cajolet-Laganière & Martel 1995) et que d'autres sont portés à le croire en sécurité en Amérique du Nord, il convient d'évaluer toute la divergence qu'on observe entre la langue écrite et le parler des francophones de «La belle Province». A cet égard, on ne saurait sous-estimer l'influence de l'usage fort approximatif qu'en font les ethnies imparfaitement francisées sur celui de la population francophone de souche, en particulier dans la région métropolitaine de Montréal. Par ailleurs, la controverse qu'a suscitée la parution du Dictionnaire québécois d'aujourd'hui révèle encore une fois toute la tyrannie qu'exerce la lexicographie sur une appréhension objective des faits linguistiques à cause du réductionnisme de son approche. Comme de fait, l'oralité québéçoise courante et légitime ne concerne pas tant les anglicismes, le vocabulaire, les expressions idiomatiques ou les prononciations régionales que la structuration des énoncés typiques du parler quotidien. A cet égard, nous nous proposons de dresser un tableau récapitulatif des phénomènes structuraux qui, à notre avis, affectent significativement l'évolution actuelle du français oral québécois (ou le F.O.Q...., pour les amateurs d'acronymes). Nous pouvons identifier une bonne douzaine de faits structuraux qui montrent qu'à l'oral, des pans entiers du système syntaxique de la langue française sont appelés à se modifier à moyen terme. Nous passerons ainsi en revue les phénomènes les plus saillants concernant 1) la neutralisation du genre; 2) la morphosyntaxe verbale; 3) la quantification; 4) la subordination; 5) la pronominalisation; 6) la réflexivisation; 7) la relativisation; 8) la négation et surtout 9) la sous-catégorisation verbale, pour dresser un diagnostic pessimiste du parler québécois le plus courant, ce qui exclut le «joual» montréalais. Nos pronostics sont établis non pas à partir d'une projection d'intellectuel instruit sur une norme idéale particulière mais plutôt à partir de l'usage le plus banal que font de leur langue maternelle les monologuistes, les politiciens, les auteurs et comédiens de télé-romans et même un nombre appréciable d'universitaires. La question qui se pose alors est de savoir pendant combien de temps cet état de diglossie galopante pourra se maintenir avant qu'on soit forcé de rendre le verdict que le français québécois est devenu le cajun du Canada.
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