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Distribution de l'acétate dans les eaux interstitielles des sédiments du Saguenay et de l'estuaire maritime du Saint-Laurent

BG

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Bruno Gouteux

Résumé du colloque

Dans l'écosystème marin du Saint-Laurent, la dégradation de la matière organique (MO) sédimentaire a fait l'objet de quelques études. Des indicateurs peu spécifiques des transformations de la MO, comme des mesures de carbone organique total, rapports C/N et teneurs en 13C, ont été utilisés. Parallèlement, la diagenèse précoce de la MO a été décrite par l'étude de descripteurs inorganiques (O2, nitrate, phosphate, oxydes de fer et manganèse, sulfate) qui interviennent dans les bilans stoéchiométriques finaux décrivant la minéralisation. L'utilisation des précédents indicateurs montre que la dégradation des composés organiques peut varier de 21 à 405 µmoles C cm-2 an-1. Ces grandes variations dans les taux de dégradation sont qualitativement expliquées en invoquant systématiquement la nature variable de la matière particulaire fraîchement déposée, les effets de bioturbation et l'existence de faibles températures dans les sédiments. Il est étonnant de constater, qu'à ce jour, personne n'a exploré l'hypothèse que la disponibilité en MO dissoute affecterait de façon importante la minéralisation. Et ce, malgré le rôle connu des petites molécules organiques dissoutes dans le catabolisme de la MO en milieu anoxique. Dans ces milieux, l'acétate, l'anion de l'acide acétique, serait un substrat déterminant jusqu'à 50% du métabolisme des bactéries sulforéductrices. Ces bactéries peuvent recycler jusqu'à 75% de la MO piégée dans les sédiments marins côtiers. Dans ce projet de recherche, nous avons mesuré la concentration de l'acétate présent dans les eaux porales des sédiments de trois stations du fjord du Saguenay et dans deux stations de l'estuaire maritime du Saint-Laurent. Dans les 40 premiers centimètres de profondeur des sédiments, les concentrations observées dans les eaux interstitielles sont comprises entre moins de 1 µM, notre limite de détection, et 36 µM. Les concentrations maximales sont observées soit en surface, soit en subsurface à moins de 8 cm de profondeur. Pour améliorer l'état actuel de nos connaissances sur la diagenèse précoce de la MO dans l'écosystème marin du Saint-Laurent, nous discutons les processus biogéochimiques qui sont responsables de ces observations.

Contexte

manager icon Responsables :
Alfonso Mucci
host icon Hôte : Université McGill

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