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Du chiffre à la négociation : le dialogue dans le roman à énigme et dans le roman noir

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Nicolas Xanthos

Résumé du colloque

Notre objet est le dialogue dans le roman à énigme et le roman noir. Nous situons notre enquête sur le plan de l'implicite pragmatique-linguistique, et nous partons de deux postulats théoriques: premièrement, les schèmes illocutoires et présuppositionnels, consubstantiels à toute (prise de) parole, prennent sens et forme de par la pression générique: au dialogue dans tel genre romanesque, telle articulation de l'implicite pragmatique dialogal; deuxièmement, l'idéologique se loge dans l'implicite dialogal: les conditions de félicité d'un acte illocutoire, par exemple, dépendent d'une organisation idéologique sous-jacente à la prise de parole; si tel personnage donne un ordre et est obéi, c'est que l'univers romanesque avait défini une situation fictive conférant au personnage la possibilité de donner des ordres, avait donc défini un cadre idéologique particulier sur lequel prend appui l'acte illocutoire. Or, globalement, le roman à énigme présente une parole jouant avec les maximes conversationnelles pour dire sans dire, alors que le roman noir présente une parole qui cherche à imposer à autrui et à la situation d'interaction un cadre particulier, favorable à qui parle. Dans le roman à énigme, la parole est subtilement chiffrée, alors que dans le roman noir, elle est un moyen de négocier le territoire dialogal et social à l'avantage du plus fort. Les univers idéologiques que ces styles dialogaux esquissent sont radicalement différents. Dans le cas du roman à énigme, c'est un univers où les lois sont connues et acceptées, mais avec lesquelles on essaie de jouer; dans le cas du roman noir, c'est un univers qui ne dispose pas ou plus d'une définition stricte et communément acceptée, mais où chacun essaie de tirer avantage d'une situation floue par le biais d'une parole qui veut négocier des territoires. Ceci peut être mis en relation avec le fait que l'action du premier se situe dans un univers aristocratique ou de haute bourgeoisie, alors que celle du second se déroule dans un univers perçu comme corrompu où des petits (ou grands) truands tentent de se faire une place, et où les lieux de pouvoir officiels sont discrédités ou encore, trop nombreux, entrent en conflit, et cherchent à renégocier leurs territoires respectifs.

Contexte

host icon Hôte : Université de Trois-Rivières

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