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Du corps réflexif dans les Pièces détachées sur l'art 1976-1987 de René Payant

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Claudie Gagné

Résumé du colloque

René Payant travaillé par l’art. Un historien et critique d’art contemporain révèle, à travers ses analyses, la culture dont il est partie intégrante. Or cette culture, cet espace-temps, étayés sur une vingtaine d’années, René Payant s’emploie à les refléter en interrogeant les effets que l’art de son temps produit sur lui. Posture toujours motivée chez lui par l’intention de témoigner de sa culture en s’y abandonnant, laissant être, en tant qu’être sensible apte à rendre compte de la dialectique du désir que cette culture travaille à contrôler, parce qu’il en est de son ressort même. Aussi la leçon que Payant livre à sa culture consiste-t-elle dans la démonstration qu’il n’est de contrôle de ce qui mobilise, non en conceptualisant cette dialectique du désir qui requiert chacun de nous, mais en parlant depuis cette dialectique dès lors qu’elle s’éprouve, à partir du moment où nous y sommes ouverts. La facture composite de l’ouvrage posthume de René Payant s’affiche dès la première de couverture : Pièces détachées sur l’art 1976-1987. Tel titre rend compte, d’entrée de jeu, du principe unificateur d’un recueil de textes théoriques et analytiques où l’énonciation n’aura cesse de montrer ce qu’elle dit. Montrer, dans le cas qui nous intéresse, c’est dire de quoi est fait le regard qui « découpe dans la chair du monde, [...] seule façon pour la vision de glisser progressivement vers la compréhension, voire la signification ». Ce regard en élaboration, s’informant mimétiquement des objets artistiques qu’il aborde, incarne bien le sens étymologique de theorêin, conçu, du grec, comme une « contemplation » — dont le caractère visuel se voudrait la pierre de touche d’une connaissance réelle en regard du rapport qu’entretiennent les sujets à la parole. La parole de Payant est métissée, carrefour de voix : celle de l’historien d’art pédagogue, celle de l’analysant, celle encore du critique d’art; quoi qu’il en soit et quelle que soit sa tessiture, partout elle émane du corps d’un spectateur tant averti de la diversité des formes esthétiques (peinture, installation, performance, vidéo, cinéma, littérature, voire l’enseignement) que traversé par la pluralité des affects induits par lesdites formes. Ces affects ouvrent sur un savoir dont Payant, au gré de recours fréquents à la psychanalyse, montre à l’envi combien ils participent de l’économie même du rapport du sujet à l’objet artistique. Or, dans les notions de métissage et d’hybridité, Payant reconnaît non pas le trait d’une mise en forme, d’une saisie, d’une circonscription particulière, historique ou caractéristique d’un espace-temps, mais du tracement d’une ouverture, d’une trouée, d’un passage, c’est-à-dire une migration capable de laisser derrière elle les conditions d’une asphyxie et d’une mort culturelle certaine.

Contexte

news icon Thème du colloque :
Théories et objets métissés
host icon Hôte : Université de Montréal

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Titre du colloque :

Théories et objets métissés

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