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Du miroir au numérique. Raison optique, mémoires optiques et matérialité

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Samuel Beaudoin

Résumé du colloque

Les transformations récentes (depuis 150 ans) des manières de penser et d'agir en Occident peuvent être liées aux développements des conditions de matérialité issues des procédés de mémorisation de la lumière. La matérialité d'un instrument optique comme le miroir possède la propriété d'une mémoire intermédiaire : il sait tout ce qui se trouve devant lui mais ne conserve rien. La photographie inaugure une transformation majeure qui implique que l'on peut non seulement voir sa réflexion exacte (le miroir plat), mais la posséder. Plus qu'une simple question d'identité, l'objectivité de l'objectif a de même contribué, suite à de multiples débats, à la logique de la preuve à laquelle on associe généralement le voir. Ce type analogique de mémoire optique, tributaire du développement chimique, est à présent concurrencé par les mémoires optiques de type numérique. La conservation numérique des informations permet, dans sa matérialité, non seulement la visualisation, la possession, mais également la modification du savoir gardé en mémoire. Le traitement peut alors viser la transformation même de la forme et remettre en question non seulement la véracité de la réalité, mais la réalité elle-même. La domestication de la lumière qu'implique ces mémoires optiques aurait des effets relationnels sur la transformation de la Raison optique au sujet des manières d'agir et de penser. Cette communication se base à la fois sur une recherche documentaire menée depuis quatre ans et sur une série d'entrevues menée auprès de physiciens, d'artistes et de technologues. Elle vise à s'insèrer dans le renouveau des études sur la culture matérielle en anthropologie.

Contexte

host icon Hôte : Université du Québec à Chicoutimi

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