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Dynamique langagière dans l’échange didactique en classe d’adaptation scolaire au primaire

JG

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Jacinthe Giroux

Résumé du colloque

Nous proposons dans le cadre de ce thème, d’examiner la question de l’articulation des dynamiques langagières entre l’enseignant et l’élève au cours d’échanges didactiques dans le cadre de leçons de mathématiques en classe d’adaptation scolaire au primaire, plus particulièrement dans une classe pour élèves ayant des troubles de langage. Les interactions langagières en classe primaire occupent un espace important au sein du temps d’enseignement. De plus, selon Favre (1999), une des distinctions entre les classes ordinaires et d’adaptation scolaire est relative au temps consacré au traitement des erreurs au sein de l’échange didactique. Ainsi, en classe ordinaire, les échecs non résolus après une nouvelle explication de l’enseignante sont rapidement renvoyés dans la sphère privée de l’élève et donc évacués de l’échange didactique alors qu’en classe d’enseignement spécialisé, l’échec resterait constamment à la surface de l’échange didactique jusqu’à ce qu’il soit résorbé. Il semble ainsi que les interactions entre l’enseignant et les élèves en classe d’adaptation scolaire soient davantage marquées par le repérage et le traitement des erreurs. Notre travail s’inscrit dans l’approfondissement de cette problématique en la cadrant par les nécessités du système didactique, et plus particulièrement, en référant aux paradoxes inhérents au contrat didactique. Notre travail vise à préciser sous quelles conditions les interactions langagières assurent le maintien de l’échange didactique et donc également en quels cas, l’échange est rompu. Notre attention porte sur les interactions langagières enseignant/élèves, en classe d’adaptation scolaire, auxquelles donnent lieu la correction d’une tâche mathématique, le repérage d’erreurs ou de difficultés par l’enseignant. Ainsi, nous cherchons à caractériser comment dans cette interaction les élèves rendent compte de leur pensée et de leurs actions et comment, autrement dit en quels termes, l’enseignant va exprimer à l’élève sa lecture de son activité et dirigé l’échange afin que soit non seulement rejeté le rapport de l’élève à l’objet mais modifié pour l’établissement d’un nouveau rapport. Suite à nos observations, il nous apparaît qu’une des conditions du maintien de l’échange répond à la nécessité que l’enseignant fasse exister dans un délai très court l’« objet désigné » par l’élève au cours de l’échange. Cependant, l’écart entre l’activité de l’élève et celle attendue est une source de tension qui ne peut être longtemps soutenue au sein de l’échange. Ainsi, l’enseignant peut orienter l’échange rapidement non pas vers l’étude par l’élève mais vers la désignation de l’objet à traiter ou encore par la simulation, de la conduite attendue. Ce glissement dans l’échange peut modifier substantiellement la lecture que l’élève a lui-même de son propre rapport à la situation et à l’objet de savoir faisant l’enjeu de la situation. Nous examinons ces glissement de sens par l’identification des variables de la situation sur lesquelles s’appuie l’enseignant pour orienter l’échange de manière à ce que les heuristiques mises en place par les élèves (connaissances) soient évacués pour faire une place privilégiée au savoir. Nous pouvons cerner dans ces glissements de sens, une forme d’ostension déguisée.

Contexte

host icon Hôte : Université de Montréal

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