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Effets des toxines de Bacillus thuringiensis sur la perméabilité membranaire des cellules intestinales d'un insecte ravageur des forêts

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Olivier Peyronnet

Résumé du colloque

Les toxines entomopathogènes du bacille de Thuringe sont très largement utilisées dans la lutte contre la tordeuse du bourgeon de l'épinette (Choristoneura fumiferana) et la spongieuse (Lymantria dispar), les deux principaux ravageurs des forêts canadiennes. On admet en général que ces protéines modifient la perméabilité membranaire des cellules intestinales des insectes. Dans le but de documenter ces effets et d'établir des corrélations avec la toxicité in vivo, nous avons comparé les effets de différentes toxines sur le potentiel membranaire des cellules épithéliales de l'intestin fraîchement isolé et perfusé de larves de L. dispar du stade 3 ou 4. Ce potentiel, mesuré au moyen d'une microélectrode dans la région antérieure de l'intestin moyen, du côté apical, est d'environ -75 mV. Il est sensible aux changements de composition du milieu externe (pH, [K+], etc.). L'addition, à raison de 10 µg/ml, de toxines auxquelles les larves de L. dispar sont très (Cry1Aa et Cry1Ab) ou très peu (Cry1Ac, Cry1C et Cry1E) sensibles abolit rapidement et de façon irréversible le potentiel membranaire. La rapidité de cette dépolarisation dépend de la dose. La capacité de ces toxines à former des pores dans la membrane apicale des cellules de l'intestin de L. dispar est confirmée par des mesures de gonflement osmotique effectuées sur des vésicules préparées à partir de cette membrane. L'addition de Cry1Aa ou Cry1C à la même dose, du côté basal, ne produit pas de dépolarisation. De plus, l'addition de Cry3A, spécifique aux Coléoptères et non toxique pour L. dispar, ne produit pas d'effets significatifs, même aux doses plus élevées. Le fait que ces modifications de la perméabilité membranaire ne reflètent pas précisément la sensibilité in vivo à ces toxines montre que des facteurs supplémentaires contribuent probablement à leur toxicité.

Contexte

host icon Hôte : Université McGill

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