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Emma Bovary, entre le roman et le stéréotype

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Daniel Castillo Durante

Résumé du colloque

Le rapport du personnage principal du roman de Flaubert à la jouissance peut sembler paradoxal si l’on se penche sur le caractère essentiellement gelé des discours d’Emma Bovary. Plus ancienne d’objets aux injonctions du stéréotype qu’à se livrer à une évaluation réelle de ses conditions d’existence, l’héroïne de Flaubert découvre une relation particulière à l’immobilité presque propre au discours cliché. L’ennui qui pousse Emma vers l’adultère et ensuite vers le suicide ne se soutient que d’un romanesque frappé de stéréotypie. C’est dire que face à l’imbécillité de la bourgeoisie provinciale qui l’environne, Emma gèle sa parole au profit d’un discours qui la transforme en copie. Cette première étape sera des preuves en tant que compagne d’un époux médiocre et, peu, puis comme objet inaccessible de l’amour silencieux et résigné de désir Léon. Sa rencontre avec les figures d’un romanesque de pacotille de Rodolphe déclenche chez elle une deuxième copie, celle de la femme adultère, que l’assurance et la rusticité d’un Don Juan provincial se chargeront de flétrir. C’est dire qu’Emma ne jouit que par copie interposée. Même la scène de son suicide tombe sous la coupe du stéréotype; c’est lui en tout cas qui lui tend le miroir moyennant lequel elle élabore sa dernière copie. Le rapport de la jouissance à la logique de reproduction qui sous-tend le stéréotype s’avère ainsi important si l’on veut comprendre le discours romanesque comme lieu voué au recyclage des copies. La jouissance y fait office de répétition, partant de copie et de répétition à la fois.

Contexte

host icon Hôte : Université de Montréal

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