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Enjeux et modes de l'écriture fractionniste dans L'Étranger

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Pierre Eugène Kamdem

Résumé du colloque

La question du fragment est par nature celle de l'énigme. C'est parce que le réel est fragmenté qu'il incite à l'herméneutique. Le récit de l'histoire humaine n'est sans doute qu'un montage de fragments, dont on essaie justement d’interrompre les interruptions. Chaque texte littéraire est un tressage du réel existentiel bigarré que l’écrivain jointoie tant bien que mal pour (in)valider une pratique ou fonder un savoir qu’il revient au lecteur de déchiffrer ; car ce savoir, ce SENS que l’auteur essaie de mettre dans le monde (Barthes) est souvent brouillé, absentifié par les gauchissements (in)volontaires du travail d’écriture. C’est du moins l’impression qui se dégage de L’Étranger du franco-algérien Albert Camus où un faire-savoir philosophique noble est rendu par un faire-scriptural chaotique qui menace continûment d’anéantir le fugace, mais important message livré en arrière-plan du récit fractionniste. Est-ce cette écriture vertigineuse, délicate à dompter, qui valut au roman d’être taxé à l’unisson d’absurde dès sa parution ? Un vocabulaire anémique, une syntaxe insulaire, une narration isolante desservie par un repère temporel commentatif (Weinrich), une description-mention ; bref une propension systématique à la "minimalité" traverse en tout cas L’Étranger, qui atomise considérablement le tissu narratif du roman et crible l’histoire (Genette) de nombreux trous. C’est cette écriture "minimalo-fractionniste" grâce à laquelle Camus semble plaider pour un monde de gens sim

Contexte

manager icon Responsables :
Sélom Komlan Gbanou
host icon Hôte : Université de Montréal

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